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Botox : précautions avant et après l’injection

Avant une injection de toxine botulique, votre médecin doit connaître vos antécédents, vos traitements et toute injection récente : certaines situations la contre-indiquent. Après, de petites réactions au point d’injection sont fréquentes et passagères, mais certains signes imposent de consulter sans attendre. Voici ce que disent les notices officielles.

Une injection de toxine botulique est un acte médical, avec un avant et un après. Cette page détaille les précautions prévues par les notices officielles ; elle complète notre page la toxine botulique et son fonctionnement. Elle ne remplace pas l’échange avec votre médecin, qui reste le seul à pouvoir évaluer votre situation.

Qui ne doit pas recevoir de toxine botulique ?

Les notices listent des contre-indications, c’est-à-dire des situations dans lesquelles la toxine ne doit pas être utilisée1,2,3,4 :

  • une allergie connue à la toxine botulique ou à l’un des composants du produit ;
  • une maladie neuromusculaire généralisée, comme la myasthénie ou le syndrome de Lambert-Eaton ; une notice ajoute la sclérose latérale amyotrophique3 ;
  • une infection au point d’injection prévu, et pour certaines notices une inflammation de cette zone2,4.

Ces contre-indications s’appliquent aux toxines de type A comme à la toxine botulique de courte durée (sérotype E)1,4.

Ce que votre médecin doit savoir avant l’injection

Vos traitements

Signalez tous les médicaments que vous prenez. Deux familles demandent une attention particulière :

  • les anticoagulants et les traitements qui fluidifient le sang : la toxine doit être utilisée avec précaution chez les personnes sous anticoagulant ou atteintes d’un trouble de la coagulation2. N’arrêtez jamais ce traitement de vous-même : c’est au médecin qui l’a prescrit d’en décider ;
  • certains antibiotiques (les aminosides) et les médicaments qui agissent sur la transmission entre le nerf et le muscle, qui peuvent en théorie renforcer l’effet de la toxine1.

Une injection récente de toxine

Dites-le si vous avez reçu une toxine botulique récemment, même pour une autre raison et même avec un autre produit. Une faiblesse musculaire excessive peut être aggravée par l’injection d’une autre toxine avant la disparition des effets de la précédente1. La notice de la toxine courte durée indique que l’administration simultanée avec une autre toxine botulique n’a pas été étudiée et doit être proscrite4. Les unités d’un produit ne sont pas interchangeables avec celles d’un autre3,4.

Vos antécédents

Certains antécédents comptent : une maladie des nerfs ou des muscles, même non diagnostiquée avec certitude, des difficultés à avaler ou une pneumopathie d’inhalation, ou une chirurgie de la zone à traiter1. Les personnes ayant des troubles neuromusculaires peuvent être plus exposées à des effets graves, comme des difficultés à avaler ou à respirer1. Une ancienne injection mal tolérée est aussi une information utile.

Grossesse et allaitement

La toxine botulique n’est pas recommandée pendant la grossesse, ni chez les femmes en âge de procréer qui n’utilisent pas de contraception, ni pendant l’allaitement1,4. Les données chez la femme enceinte sont insuffisantes1,4. Ce sujet est détaillé dans notre article toxine botulique, grossesse et allaitement : que disent les notices.

Votre âge

L’utilisation n’est pas recommandée avant 18 ans1,3. Après 65 ans, les données des essais sont limitées ; certaines toxines ne sont pas recommandées dans cette tranche d’âge1,2. Le choix du produit en tient compte.

Le jour de l’injection

Comme pour toute injection, une douleur au point de piqûre, une rougeur, un gonflement, un petit saignement ou un bleu sont possibles1. La douleur ou l’anxiété liées à l’aiguille peuvent provoquer un malaise passager, avec baisse de tension1 : signalez-le si cela vous est déjà arrivé lors d’une prise de sang ou d’un vaccin.

Pensez à demander le nom du produit utilisé et son numéro de lot. Les notices demandent qu’ils soient clairement enregistrés, pour assurer la traçabilité de ces médicaments biologiques1,4. Cette information vous sera utile si vous changez de médecin ou si un effet inattendu survient.

Après l’injection : quelles consignes ?

Beaucoup de consignes circulent : ne pas se masser, ne pas faire de sport, ne pas s’allonger, éviter la chaleur ou l’alcool. Les notices officielles ne fixent aucun délai chiffré pour ces situations1,4. Ces recommandations relèvent de l’expérience des médecins ; suivez celles que le vôtre vous donne.

Quelques points sont en revanche écrits dans les notices :

  • les effets indésirables apparaissent en général dans les premiers jours et sont transitoires, le plus souvent légers à modérés1 ;
  • la toxine peut entraîner une fatigue, une faiblesse musculaire, des vertiges ou des troubles visuels susceptibles de gêner la conduite1 ;
  • l’effet s’installe progressivement : ne jugez pas le résultat avant l’effet maximal.

Effets attendus et signes d’alerte

Certains effets sont attendus ou fréquents : petites réactions au point d’injection, maux de tête, sensation de tension de la peau1. Selon la zone, une chute de la paupière ou du sourcil peut survenir ; elle correspond à l’action de la toxine sur un muscle voisin et elle est temporaire1.

D’autres signes, très rares, peuvent traduire une diffusion de l’effet de la toxine à distance du point d’injection. Les notices demandent aux patients et à leur entourage de consulter immédiatement un médecin dans ce cas1,4.

Consultez immédiatement si vous avez

  • une difficulté à avaler ou à parler ;
  • une gêne pour respirer ;
  • une vision double ou trouble ;
  • une faiblesse musculaire généralisée ;
  • un gonflement du visage ou de la gorge, une éruption étendue ou un malaise après l’injection.

Troubles respiratoires, de déglutition ou visuels : appelez le 15.

Combien de temps attendre entre deux séances ?

Pour les toxines de type A, les notices imposent un intervalle d’au moins 3 mois entre deux traitements2. Pour la toxine courte durée, la notice prévoit un usage occasionnel ; des injections répétées à moins de 6 semaines d’intervalle n’ont pas été évaluées4, et une toxine de type A injectée moins de 30 jours après n’a pas été évaluée non plus4.

L’administration de doses trop rapprochées ou trop élevées peut favoriser la formation d’anticorps, qui rendent la toxine moins efficace1. Ces délais, et les raisons pour lesquelles l’effet s’estompe, sont expliqués sur la page consacrée à la durée de l’effet et au rythme des séances. Les idées reçues les plus courantes sont passées en revue dans nos réponses aux questions fréquentes sur la toxine botulique.

À retenir

  • Contre-indications : allergie, maladie neuromusculaire généralisée, infection au point d’injection1,4.
  • Signalez vos traitements (notamment anticoagulants) et toute injection récente de toxine ; n’arrêtez aucun traitement sans avis médical1,2.
  • Non recommandée pendant la grossesse et l’allaitement, ni avant 18 ans1,4.
  • Difficulté à avaler, à parler ou à respirer, trouble de la vue : consultez immédiatement1.

Questions fréquentes

  • Faut-il arrêter son traitement anticoagulant avant une injection ?

    Non, ne l’arrêtez jamais de vous-même. Une notice demande seulement d’utiliser la toxine avec précaution chez les personnes qui prennent un anticoagulant ou un autre traitement ayant un effet anticoagulant, ou qui ont un trouble hémorragique2. Signalez ce traitement au médecin qui réalise l’injection ; toute modification se décide avec le médecin qui l’a prescrit.

  • Peut-on faire du sport après une injection de toxine botulique ?

    Les notices officielles ne fixent aucun délai pour le sport, l’alcool, la chaleur ou la position allongée après une injection1,4. Les consignes souvent données relèvent de l’habitude des médecins et non d’une règle écrite. Suivez celles que votre médecin vous donne après la séance.

  • Peut-on conduire après une injection ?

    Aucune étude n’a évalué spécifiquement la conduite après une injection, mais une notice précise que la toxine peut causer une fatigue, une faiblesse musculaire, des vertiges ou des troubles visuels susceptibles d’affecter l’aptitude à conduire1. Si l’un de ces effets apparaît, ne conduisez pas et parlez-en à votre médecin ; un trouble de la vision doit faire consulter rapidement.

  • Peut-on recevoir une injection pendant la grossesse ?

    Ce n’est pas recommandé. Les notices déconseillent la toxine botulique pendant la grossesse et chez les femmes en âge de procréer qui n’utilisent pas de contraception, ainsi que pendant l’allaitement, faute de données suffisantes1,4. Si vous découvrez une grossesse après une injection, parlez-en à votre médecin.

Sources

  1. 1.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  4. 4.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
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