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Atlas des indications

Botox par zone : pourquoi, comment et pour qui, zone par zone

La toxine botulique n’est autorisée en esthétique, en France, que pour trois zones du visage : la ride du lion, et selon le produit les pattes d’oie et le front. Les autres zones relèvent d’usages hors autorisation. Cet atlas présente onze zones : ce que la toxine y traite, avec quelle toxine, et ce qu’il faut demander au médecin.

Cet atlas répond à trois questions, zone par zone : pourquoi traite-t-on cette zone, avec quelle toxine, et pour qui ? Il s’appuie sur les notices officielles des médicaments et sur des publications médicales, sans promesse de résultat. Il complète notre page générale pour comprendre la toxine botulique et ne remplace pas une consultation.

À retenir

  • En France, la toxine botulique n’est autorisée en esthétique que pour la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front2,3,4,5.
  • La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion1.
  • Les huit autres zones de l’atlas ne figurent dans aucune notice française : toute injection y est hors autorisation, à discuter comme telle avec votre médecin.
  • L’effet est toujours temporaire : en général 3 à 4 mois avec une toxine de type A, 2 à 3 semaines avec la toxine botulique de courte durée (sérotype E)1,2.

Les onze zones de l’atlas

Atlas interactif

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Touchez une zone pour savoir pourquoi on la traite, avec quelle toxine, et ce que disent les notices officielles.

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Illustration d’un visage de face, du front au cou, sur laquelle sont délimitées les zones de l’atlas

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Front

Toxine botulique de longue durée (type A)
Autorisée en esthétique pour cette zone (RCP en vigueur en France)
Toxine botulique de courte durée (sérotype E)
Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin

Selon le produit : toutes les toxines de type A autorisées en esthétique ne couvrent pas cette zone.

Chaque zone a sa fiche « pourquoi et comment », construite sur la même trame : le muscle en cause, ce que la toxine traite ou non, le statut d’autorisation, pour qui, les délais et les risques.

Le haut du visage :

  • Rides du front : le muscle frontal, autorisé pour certaines toxines de type A.
  • Ride du lion : les plis entre les sourcils, seule zone autorisée pour les deux familles de toxines.
  • Sourcils : le relèvement de la queue du sourcil, hors autorisation.
  • Paupières : une zone que l’on protège, et pourquoi.
  • Pattes d’oie : les rides du coin de l’œil, autorisées pour certaines toxines de type A.

Le milieu et le bas du visage, et le cou :

Comment la toxine botulique agit-elle sur une zone ?

La toxine botulique est injectée dans un muscle. Elle bloque la libération d’un messager chimique, l’acétylcholine, à la jonction entre le nerf et le muscle, en coupant une protéine appelée SNAP-251. Le muscle injecté reçoit moins de signaux et se contracte moins, de façon localisée et temporaire. L’effet disparaît à mesure que les terminaisons nerveuses redeviennent fonctionnelles1.

C’est ce qui explique ce que la toxine peut faire, et ce qu’elle ne peut pas faire. Elle atténue les rides qui se creusent quand un muscle se contracte : froncer les sourcils, lever les sourcils, sourire en plissant les yeux. Elle peut aussi modifier l’équilibre entre des muscles opposés, comme pour le relèvement du sourcil. En revanche, elle n’ajoute pas de volume, ne retend pas la peau et n’agit pas sur les rides dues seulement à la qualité de la peau. Chaque fiche précise ces limites pour sa zone.

Autorisé ou hors autorisation : ce que cela change

Un médicament est autorisé pour des indications précises, écrites dans sa notice officielle, appelée résumé des caractéristiques du produit (RCP). En esthétique, les toxines botuliques de type A commercialisées en France ont toutes l’indication « rides du lion » ; certaines ont en plus les pattes d’oie, d’autres les rides du front2,3,4,5,6,7. Toutes ces indications portent la même condition : des rides modérées à sévères dont la sévérité entraîne un retentissement psychologique important, chez l’adulte2,4,5.

Les autres zones de l’atlas ne figurent dans aucune notice française : nez, sourire gingival, lèvres, menton, masséter, cou, ainsi que le relèvement du sourcil2,4,5. Une injection sur ces zones est un usage hors autorisation de mise sur le marché. Concrètement, la notice ne fournit alors ni dose, ni délai, ni données d’efficacité propres à la zone : le médecin s’appuie sur des études publiées et des consensus d’experts, de niveau de preuve variable selon la zone. Il doit vous le dire.

Le statut peut différer d’un pays à l’autre. Par exemple, la FDA a autorisé aux États-Unis, en octobre 2024, une toxine de type A pour les bandes du cou ; cette autorisation ne vaut pas en France10. Chaque fiche affiche le statut de sa zone dans un tableau daté.

Quelle toxine pour quelle zone ?

Deux familles de toxines botuliques sont aujourd’hui autorisées en esthétique dans l’Union européenne. Les toxines de longue durée (type A) sont utilisées en esthétique en France depuis 20033. La toxine de courte durée (sérotype E) est autorisée dans l’Union européenne depuis le 15 juillet 20268, pour une seule indication : les rides du lion de l’adulte1. Au 29 septembre 2026, date de la dernière mise à jour consultée, elle n’avait pas encore de fiche dans la base publique française des médicaments3.

En pratique :

  • Ride du lion : les deux familles sont autorisées1,3.
  • Pattes d’oie et front : certaines toxines de type A seulement2,4,5,6.
  • Toutes les autres zones : aucune toxine n’est autorisée en France.

Les deux familles n’ont pas le même profil : l’une agit plus vite et moins longtemps, l’autre plus lentement et plus durablement. Aucune n’est meilleure que l’autre, et aucun essai ne les compare directement. La toxine courte durée vous donne un choix supplémentaire pour la ride du lion, à faire avec votre médecin. Pour en savoir plus, voyez la page consacrée à la nouvelle toxine botulique et à ce qui la distingue.

Est-ce pour moi ? Les questions communes à toutes les zones

Quelle que soit la zone, certaines règles sont communes. Les indications autorisées concernent l’adulte1,2. Les notices contre-indiquent l’injection en cas d’allergie à la toxine ou à un composant du produit, de maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), ou d’infection au point d’injection1,2,4,5. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement1,2. L’injection n’est pas recommandée en cas d’antécédents de troubles de la déglutition1,2.

L’âge entre aussi en jeu, sans règle unique. Plusieurs toxines de type A ne sont indiquées que chez l’adulte de moins de 65 ans4,5,6, une l’est jusqu’à 75 ans7, et pour d’autres les données sont limitées au-delà de 65 ans2. Pour la toxine courte durée, seuls 7 % des patients des essais avaient 65 ans ou plus, avec des taux de réponse plus faibles1.

Enfin, la gêne ressentie fait partie de l’indication : ce n’est pas un geste systématique. Votre médecin évaluera la zone au repos et en mouvement, vos antécédents, vos traitements, et vos attentes.

Comment se déroule une séance ?

La toxine est injectée dans le muscle, en quelques points, par un médecin qualifié et expérimenté1. Les doses s’expriment en unités, mais les unités d’un produit ne sont pas interchangeables avec celles d’un autre1,2 : c’est pourquoi ce site ne donne jamais de dose. Le nom et le numéro de lot du produit injecté doivent être enregistrés, pour la traçabilité1,2.

Avec une toxine de type A, une notice prévoit de faire le point un mois après la première séance si aucune amélioration n’est constatée, et de n’envisager une seconde séance qu’en l’absence d’effet indésirable2. Les séances sont espacées d’au moins 3 mois2,4. Pour la toxine courte durée, la notice prévoit un usage occasionnel ; une nouvelle injection moins de 6 semaines après la précédente n’a pas été évaluée1.

Délais et durée, en bref

Pour les zones autorisées, les notices donnent des repères précis :

  • Toxines de longue durée (type A) : premiers effets en général en 2 à 3 jours, jusqu’à une semaine ; effet maximal entre la 2e et la 4e semaine ; durée de 3 à 4 mois en général, jusqu’à 6 mois selon le produit2,4,6,7,9.
  • Toxine de courte durée (sérotype E) (ride du lion seulement) : premiers effets dès 8 heures, effet maximal vers le 7e jour, durée de 2 à 3 semaines1.

Pour les zones hors autorisation, les notices ne donnent aucun délai. Les fiches concernées indiquent ce que montrent les études quand elles existent, et le disent quand aucune donnée sérieuse n’a été trouvée.

Quels risques, quelle que soit la zone ?

Les notices décrivent des réactions au point d’injection : douleur, gonflement, rougeur, petit bleu1. Des maux de tête sont fréquents avec certaines toxines2. Une réaction allergique grave peut survenir très rarement1,2. Chaque zone a ensuite ses risques propres : chute de la paupière ou du sourcil pour le haut du visage, sourire modifié pour le bas du visage, par exemple. Ils sont temporaires et détaillés dans chaque fiche.

Les notices rappellent aussi que l’effet de la toxine peut, rarement, diffuser à distance du point d’injection : une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement1,2.

Si un effet inattendu survient après une injection, notre second atlas, consacré aux problèmes après une injection de toxine botulique, reprend les mêmes zones et explique, problème par problème, ce qui se passe, combien de temps cela dure et quand consulter.

Ce que la toxine ne traite pas : quand penser à autre chose

La toxine botulique agit sur un muscle, et seulement sur lui. Beaucoup de demandes autour du visage ne relèvent donc pas d’elle, et le dire fait partie d’une information honnête.

  • Une ride visible au repos, sans aucun mouvement, est surtout liée à la peau : la toxine l’atténue moins qu’une ride qui se creuse au mouvement.
  • Une perte de volume (joues, tempes, lèvres) ne se corrige pas en relâchant un muscle.
  • Un excès de peau, des paupières lourdes, des poches sous les yeux ou un relâchement du bas du visage relèvent d’autres approches.
  • Un sourire gingival dû à la forme de la mâchoire, ou une mâchoire large à cause de l’os, ne dépendent pas d’un muscle.

Dans ces situations, d’autres traitements existent, médicaux, chirurgicaux ou dentaires selon le cas. Ce site ne les présente pas, car il est consacré à la toxine botulique : parlez-en à votre médecin, qui pourra vous orienter. Chaque fiche de l’atlas précise, dans sa première section, ce que la toxine ne fait pas sur la zone concernée.

Les questions à poser à votre médecin

Avant une injection, quelle que soit la zone, ces questions vous aideront à décider en connaissance de cause :

  1. Cette zone est-elle autorisée pour le produit que vous me proposez, ou s’agit-il d’un usage hors autorisation ?
  2. Quelle toxine allez-vous utiliser, et pourquoi celle-ci ?
  3. Quel résultat est raisonnable dans mon cas, et au bout de combien de temps ?
  4. Combien de temps l’effet devrait-il durer ?
  5. Quels effets indésirables surveiller, et qui contacter s’ils surviennent ?
  6. Mes antécédents, mes traitements ou un projet de grossesse posent-ils problème ?
  7. Quelles alternatives existent pour ce que je souhaite corriger ?

Les réponses à ces questions vous appartiennent : elles dépendent de votre visage, de votre santé et de vos attentes, et seul un médecin qui vous examine peut y répondre.

Questions fréquentes

  • Quelles zones du visage sont autorisées pour la toxine botulique en France ?

    En esthétique, les notices françaises ne prévoient que trois zones : la ride du lion, pour toutes les toxines autorisées, et selon le produit les pattes d’oie et les rides du front2,3,4,5. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion1. Le nez, le sourire, les lèvres, le menton, le masséter, le cou et le relèvement du sourcil sont hors autorisation.

  • Quelle toxine pour quelle zone ?

    Pour la ride du lion, les deux familles sont autorisées : les toxines de type A et la toxine courte durée1,3. Pour les pattes d’oie et le front, seules certaines toxines de type A ont l’indication2,4,5. Pour les autres zones, aucune toxine n’est autorisée en France. Chaque fiche de l’atlas affiche ce statut, zone par zone, et le médecin choisit le produit en consultation.

  • Que veut dire « hors autorisation de mise sur le marché » ?

    Cela signifie que le médicament est utilisé pour une zone ou une indication qui ne figure pas dans sa notice officielle. Pour ces usages, la notice ne fournit ni dose, ni délai, ni données d’efficacité ou de tolérance propres à la zone. Le médecin doit vous le dire et vous expliquer sur quelles données il s’appuie.

  • Combien de temps dure l’effet de la toxine botulique ?

    Pour les toxines de type A, l’effet dure en général 3 à 4 mois, jusqu’à 6 mois selon le produit2,6,9. Pour la toxine courte durée, autorisée seulement pour la ride du lion, il dure en général 2 à 3 semaines1. Pour les zones hors autorisation, les notices ne donnent pas de durée : chaque fiche indique ce que montrent les études, quand elles existent.

  • La toxine botulique est-elle faite pour moi ?

    Aucune page ne peut le dire à votre place. Les notices réservent les indications autorisées à l’adulte, pour des rides modérées à sévères qui ont un retentissement psychologique important1,2, et listent des contre-indications. L’âge, les antécédents, les traitements et un projet de grossesse comptent aussi. C’est en consultation, avec votre médecin, que la décision se prend.

Sources

  1. 1.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.Base de données publique des médicaments : fichier des spécialités (CIS), mis à jour le 29/09/2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments (ministère de la Santé)
  4. 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  5. 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  6. 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 65066375) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  7. 7.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 69878363) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  8. 8.Rapport européen public d’évaluation (EPAR) de la toxine botulique de sérotype E (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  9. 9.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 69497348) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  10. 10.Communiqué du fabricant (AbbVie) sur l’autorisation de la FDA pour les bandes du cou, 18/10/2024 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant)
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