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Troubles respiratoires, de déglutition ou visuels : appelez le 15.

Trop de Botox : visage figé, combien de temps, que faire ?

Un front qui ne bouge plus, des sourcils lourds, une expression figée : un effet trop marqué de la toxine botulique est temporaire. Il régresse à mesure que l’effet du produit s’estompe, en quelques mois avec une toxine de type A, en quelques semaines avec la toxine courte durée. Voici ce qui l’explique, ce qui peut aider et quand consulter.

Vous avez l’impression d’avoir reçu trop de toxine botulique : le front ne bouge plus du tout, les sourcils paraissent lourds, le regard semble fatigué ou l’expression figée. C’est désagréable, parfois inquiétant, mais presque toujours temporaire. Cette page fait partie de notre guide en cas de problème après une injection ; elle explique ce qui se passe, combien de temps cela peut durer et ce que vous pouvez faire.

À quoi ressemble un effet trop marqué ?

Un effet trop marqué correspond à un relâchement plus fort ou plus étendu que celui que vous attendiez. Les situations les plus courantes concernent le haut du visage :

  • un front figé, qui ne se plisse plus du tout quand vous levez les sourcils ;
  • des sourcils qui tombent ou une sensation de lourdeur du front et des paupières : la chute du sourcil est un effet indésirable fréquent après le traitement du front avec une toxine de type A2, et une sensation de lourdeur est décrite avec un autre produit3 ;
  • un regard fatigué quand la paupière supérieure tombe elle aussi2.

Ces situations ont chacune leur fiche, par exemple pour un front figé après une injection ou un sourcil tombant après une injection. Dans le bas du visage, un effet trop marqué peut gêner le sourire ou la mobilité des lèvres : les pages de l’atlas consacrées à ces zones les décrivent. Pour le haut du visage, la page qui regroupe les problèmes du front après une injection est un bon point de départ.

Il faut distinguer cette impression d’un vrai défaut d’équilibre. Un front très lisse peut correspondre exactement à l’effet recherché par le traitement, qui vise à atténuer les rides en relâchant les muscles. La question est de savoir si le résultat vous gêne, et si une fonction est touchée, comme la vision quand la paupière tombe.

Pourquoi l’effet peut-il être trop fort ?

L’effet dépend de la dose injectée, du nombre de points et de la force des muscles de chacun. Les notices de type A recommandent aussi d’éviter d’injecter près de certains muscles, comme celui qui relève la paupière ou le grand zygomatique, qui tire le coin de la bouche, pour limiter les effets sur ces muscles voisins2,3.

D’autres facteurs peuvent renforcer l’effet. Une nouvelle injection de toxine faite avant la disparition de l’effet de la précédente peut accentuer la faiblesse musculaire1. Certains médicaments, comme les antibiotiques de la famille des aminosides ou les myorelaxants, peuvent potentialiser l’effet de la toxine1. Les personnes atteintes d’une maladie de la jonction entre le nerf et le muscle, même non diagnostiquée, sont exposées à des effets plus étendus1. C’est pourquoi il est important de signaler vos traitements et vos antécédents avant chaque injection.

Combien de temps pour que l’effet parte ?

L’effet trop marqué dure, au plus, le temps de l’effet du produit. Pour les toxines de type A autorisées en esthétique, l’effet a été démontré jusqu’à 4 mois environ selon les produits2,3,4. Avec un produit, la réduction des rides du front a été observée jusqu’à 6 mois2. Pour la toxine botulique de courte durée (sérotype E), l’effet dure généralement 2 à 3 semaines1.

L’effet ne s’arrête pas d’un jour à l’autre. Après le pic, il diminue progressivement, à mesure que les terminaisons nerveuses redeviennent fonctionnelles1. En pratique, le mouvement revient peu à peu. Si vous ne savez pas quel produit a été injecté, demandez-le au médecin : la notice de la toxine courte durée demande que le nom et le numéro de lot du produit administré soient enregistrés1.

Peut-on accélérer la disparition de l’effet ?

Les notices ne décrivent aucun traitement qui annule l’effet de la toxine. En cas de surdosage, elles prévoient une surveillance médicale et des soins adaptés aux symptômes1,2. Le temps reste le principal facteur de récupération.

Certaines conséquences peuvent en revanche être atténuées. Quand la paupière tombe, des collyres prescrits par un médecin peuvent la relever en partie5 : c’est détaillé sur la fiche consacrée à la paupière tombante, accessible depuis l’atlas.

Peut-on rééquilibrer par une autre injection ?

Il arrive que le médecin envisage une petite injection complémentaire pour rééquilibrer un résultat, par exemple sur un côté du visage. Cette décision se prend après examen, jamais à la demande et dans la précipitation, pour deux raisons tirées des notices :

  • une nouvelle dose de toxine avant la disparition de l’effet de la précédente peut accentuer la faiblesse musculaire1 ;
  • les notices de type A prévoient en général au moins 3 mois entre deux traitements2,3, et pour la toxine courte durée, des injections répétées à moins de 6 semaines d’intervalle n’ont pas été évaluées1.

Ajouter de la toxine sur un muscle déjà trop relâché n’a pas de sens : cela ne peut qu’accentuer l’effet.

Effet trop marqué ou vrai surdosage ?

Un effet esthétique trop fort est localisé à la zone traitée. Le surdosage, au sens des notices, est une situation différente et beaucoup plus rare : des doses excessives peuvent entraîner une paralysie des muscles, locale ou à distance1,2. Les signes à surveiller sont une paupière qui tombe, une vision double, une difficulté à avaler ou à articuler, une faiblesse généralisée ou une gêne respiratoire1. Ils peuvent ne pas apparaître immédiatement après l’injection1,2.

Face à ces signes, n’attendez pas : appelez le 15. Les notices prévoient alors une évaluation médicale rapide et, si besoin, une hospitalisation1,2.

Éviter que cela se reproduise

Avant une nouvelle séance, parlez avec le médecin du résultat précédent : ce qui vous a gêné, à quel moment, et combien de temps. Les notices demandent de la prudence en cas d’antécédents de complications lors d’injections précédentes1, et, avant une nouvelle injection de toxine courte durée, de vérifier l’absence de réaction indésirable antérieure à ce produit1. Gardez une trace de chaque séance : date, produit, zones traitées. Si l’effet de la toxine vous a au contraire paru trop faible, notre page sur la toxine botulique qui ne fait pas effet détaille les causes possibles, et celle sur les effets secondaires décrits dans les notices recense les autres réactions.

À retenir

  • Un effet trop marqué est temporaire : il dure au plus le temps de l’effet du produit1,2.
  • Comptez jusqu’à environ 4 mois avec une toxine de type A, 2 à 3 semaines avec la toxine courte durée1,2,3.
  • Aucun traitement n’annule l’effet ; une nouvelle injection rapprochée peut l’accentuer1.
  • Vision double, gêne pour avaler, articuler ou respirer : appelez le 15.

Questions fréquentes

  • Combien de temps pour que le Botox parte ?

    Cela dépend du produit injecté. Pour les toxines de type A autorisées en esthétique, l’effet a été démontré jusqu’à 4 mois environ2,3,4, et jusqu’à 6 mois pour le front avec un produit2. Pour la toxine courte durée, l’effet dure généralement 2 à 3 semaines1. L’effet ne disparaît pas d’un coup : il diminue progressivement, et le mouvement revient peu à peu.

  • Un visage figé par la toxine botulique est-il définitif ?

    Non. L’effet de la toxine botulique est temporaire : il disparaît à mesure que les terminaisons nerveuses redeviennent fonctionnelles1. Le muscle retrouve alors sa mobilité. Les notices signalent toutefois qu’une fonte du muscle traité est attendue après des traitements répétés1 : c’est un point à aborder avec votre médecin si vous recevez des injections régulières.

  • Le massage, le sport ou la chaleur accélèrent-ils la disparition de l’effet ?

    Aucune de ces méthodes n’est décrite dans les notices officielles pour accélérer la disparition de l’effet de la toxine botulique, et nous n’avons pas trouvé de source sérieuse qui le démontre. Les notices ne décrivent aucun traitement capable d’annuler l’effet ; en cas de surdosage, elles prévoient une surveillance et des soins adaptés aux symptômes1,2. Demandez conseil au médecin qui vous a injecté avant d’essayer quoi que ce soit.

Sources

  1. 1.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  4. 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  5. 5.Nestor M.S. et al., ptôse de la paupière après toxine botulique : revue, Journal of Cosmetic Dermatology, 2021 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Cosmetic Dermatology
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