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Sourcil tombant après Botox : pourquoi, combien de temps, que faire

Un sourcil qui tombe après une injection de toxine botulique, ou ptôse du sourcil, survient quand le muscle du front, seul à relever les sourcils, est trop relâché. C’est un effet indésirable connu et temporaire. Voici pourquoi il apparaît, combien de temps il dure, ce qui peut aider et quand consulter.

Un sourcil qui descend de quelques millimètres après une injection suffit à changer l’expression : le regard paraît plus lourd, plus fatigué, parfois plus sévère. Cette ptôse du sourcil fait partie des problèmes de sourcils après une injection de toxine botulique les plus connus : une revue de la littérature la classe parmi les effets indésirables courants de la toxine botulique6. Elle est temporaire. Cette fiche répond aux sept questions que l’on se pose le plus souvent.

Pourquoi le sourcil tombe-t-il après une injection ?

La position du sourcil résulte d’un équilibre. Le muscle du front le tire vers le haut ; c’est d’ailleurs le seul muscle qui relève les sourcils et le haut du visage4. Les muscles situés entre les sourcils et autour de l’œil le tirent vers le bas. Quand le muscle du front est trop relâché, surtout dans sa partie basse, juste au-dessus des sourcils, les muscles abaisseurs prennent le dessus et le sourcil descend4.

C’est pourquoi les notices et les revues insistent sur la hauteur des injections du front. La notice d’une toxine de type A demande de ne pas injecter les fibres du muscle situées à proximité du rebord de l’orbite, et de rester à au moins 2 cm au-dessus de ce rebord2. Une revue recommande de rester à 2 à 3 cm au-dessus du rebord de l’orbite, ou à 1,5 à 2 cm au-dessus du sourcil, et de traiter le front en même temps que la ride du lion pour garder l’équilibre entre les muscles qui relèvent et ceux qui abaissent4.

Les notices décrivent cet effet. Avec une toxine de type A, la ptôse du sourcil est fréquente après le traitement du front associé à celui de la ride du lion1. Avec une autre toxine de type A, elle est peu fréquente2. Avec la toxine botulique de courte durée (sérotype E), autorisée pour la seule ride du lion, elle a été rapportée chez 0,13 % des patients, ce qui la classe parmi les effets peu fréquents3. Ces chiffres viennent d’essais différents : ils ne permettent pas de comparer les produits.

Combien de temps après l’injection apparaît-il ?

Dans les essais d’une toxine de type A, la ptôse du sourcil est apparue en médiane 5 jours après le traitement1. Elle suit donc l’installation de l’effet de la toxine. Avec la toxine courte durée, dont les premiers effets se manifestent dès 8 heures3, le délai d’apparition de la ptôse du sourcil n’a pas été publié.

Combien de temps dure-t-il ?

Le temps de l’effet du produit injecté, puisque le sourcil remonte quand le muscle du front retrouve sa force. Avec une toxine de type A autorisée sur le front, l’effet a été démontré pendant environ 4 mois après l’injection1. Avec la toxine courte durée, l’effet dure généralement 2 à 3 semaines3. Ces deux profils sont résumés sur la page du comparatif entre toxines de longue et de courte durée ; la page combien de temps dure l’effet d’une injection détaille les durées produit par produit.

Est-ce réversible ?

Oui. La ptôse du sourcil disparaît quand l’effet de la toxine s’estompe et que le muscle du front reprend son rôle de releveur. Le sourcil retrouve alors sa position d’origine. Aucune séquelle n’est décrite dans les sources consultées.

Existe-t-il un traitement ?

Il n’existe pas de produit qui rende sa force au muscle du front : on ne peut pas « annuler » la toxine. Le plus souvent, on attend que le sourcil remonte.

Dans certains cas, le médecin peut discuter d’un geste sur les muscles qui abaissent le sourcil. Une petite étude, menée pour relever le sourcil et non pour corriger une ptôse après injection, a montré qu’en relâchant ces muscles, entre les sourcils et au-dessus de la queue du sourcil, on obtenait un relèvement de 1 à 3 mm chez cinq patientes sur sept, soit environ 1 mm en moyenne5. L’effet est donc modeste et inconstant ; ce geste n’a pas d’indication esthétique dans les notices françaises et se décide au cas par cas. Les collyres parfois utilisés pour une paupière tombante agissent sur la paupière, pas sur le sourcil.

Que faut-il éviter ?

N’essayez pas de compenser en injectant de nouveau le front : relâcher davantage ce muscle ferait plutôt descendre le sourcil. Ne rapprochez pas les séances : la notice d’une toxine de type A indique que les intervalles entre deux traitements ne devraient pas être inférieurs à 3 mois2. Si la première injection a été faite avec une toxine de courte durée, une toxine de type A injectée moins de 30 jours après n’a pas été évaluée3. Évitez enfin de prendre un sourcil tombant pour une paupière tombante : les deux ne se prennent pas en charge de la même façon.

Quand demander un avis médical ?

Parlez-en au médecin qui a réalisé l’injection dès que le sourcil tombe : il confirmera qu’il s’agit bien du sourcil et non de la paupière, et vous dira ce qui est possible. Consultez rapidement si la paupière tombe elle aussi, si vous avez l’impression que le champ de vision est réduit, ou si vous voyez trouble ou double. Notez la date de l’injection, les zones traitées et le jour où le sourcil a commencé à descendre.

Quand consulter rapidement

  • Vision trouble ou double
  • Gêne pour avaler, parler ou respirer

Troubles respiratoires, de déglutition ou visuels : appelez le 15.

Le sourcil tombant se confond souvent avec la paupière tombante après une injection, qui relève d’un autre mécanisme. À l’inverse, une queue de sourcil trop haute correspond au sourcil Spock. Un front très relâché s’accompagne souvent d’un front figé.

À retenir

  • Le sourcil tombe quand le muscle du front, seul releveur des sourcils, est trop relâché4.
  • Dans les essais d’une toxine de type A, la ptôse du sourcil est apparue en médiane 5 jours après le traitement1.
  • Elle dure le temps de l’effet du produit : environ 4 mois pour une toxine de type A sur le front, 2 à 3 semaines pour la toxine courte durée1,3.
  • On ne peut pas annuler la toxine : on attend, et un geste sur les muscles abaisseurs peut se discuter au cas par cas5.

Questions fréquentes

  • Quelle différence entre un sourcil tombant et une paupière tombante ?

    Ce ne sont pas les mêmes muscles. Le sourcil tombe quand le muscle du front, qui le relève, est trop relâché4. La paupière tombe quand la toxine atteint le muscle releveur de la paupière supérieure, situé dans l’orbite3. Les deux peuvent donner un regard lourd et parfois coexister ; les notices décrivent l’une et l’autre parmi les effets indésirables1,3. Le médecin fait la différence en vous examinant, ce qui oriente la prise en charge.

  • Le sourcil tombant gêne-t-il la vue ?

    En général non : il donne surtout un regard plus lourd ou fatigué. Quand le sourcil descend beaucoup, la peau de la paupière supérieure peut toutefois retomber sur l’œil et réduire un peu le champ de vision vers le haut. Si vous avez l’impression de moins bien voir, de devoir relever le front pour dégager le regard, ou si vous voyez trouble ou double, consultez rapidement.

Sources

  1. 1.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  4. 4.Borba A. et al., éviter les complications de la toxine botulique dans le haut du visage : guide pratique, Aesthetic Plastic Surgery, 2022 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Aesthetic Plastic Surgery
  5. 5.Huilgol S.C. et al., relèvement du sourcil par toxine botulique, Dermatologic Surgery, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
  6. 6.Kassir M. et al., complications de la toxine botulique et des produits de comblement : revue narrative, Journal of Cosmetic Dermatology, 2020 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Cosmetic Dermatology
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