Effets secondaires Botox : ce qui est normal, ce qui doit alerter
Les effets secondaires les plus courants d’une injection de toxine botulique sont locaux et passagers : petit bleu, gonflement, douleur au point d’injection, mal de tête. D’autres, plus rares, touchent un muscle voisin, comme la paupière. Quelques signes, exceptionnels, imposent d’appeler le 15. Voici comment les distinguer, d’après les notices officielles.
Après une injection de toxine botulique, il est fréquent d’observer quelques réactions dans les jours qui suivent. La plupart sont attendues et sans gravité ; certaines touchent un muscle voisin de la zone traitée ; de très rares signes justifient une prise en charge urgente. Cette page fait partie de notre guide des problèmes après une injection de toxine botulique et s’appuie sur les résumés des caractéristiques du produit (RCP), les notices officielles destinées aux médecins.
Comment les notices classent les effets indésirables
Les notices classent chaque effet indésirable selon sa fréquence dans les essais : « très fréquent » quand il touche au moins 1 patient sur 10, « fréquent » entre 1 sur 100 et 1 sur 10, « peu fréquent » entre 1 sur 1 000 et 1 sur 100, « rare » entre 1 sur 10 000 et 1 sur 1 0001,2. Ces fréquences dépendent du produit, de la dose et de la zone traitée. C’est pourquoi on ne peut pas comparer directement les chiffres de deux produits issus d’essais différents.
Une notice de toxine de type A précise que les effets indésirables sont observés au cours de la première semaine suivant l’injection et qu’ils sont transitoires3. Une autre indique que la plupart étaient réversibles et d’intensité légère à modérée4.
Les réactions au point d’injection
Ce sont les plus courantes. Les notices associent aux injections de toxine botulique des douleurs localisées, une inflammation, une sensibilité au toucher, un gonflement, une rougeur, des saignements, des ecchymoses (bleus), une sensation de chaleur ou une induration, c’est-à-dire une petite zone plus ferme sous la peau1. Pour le traitement de la ride du lion, une notice classe le bleu, la douleur et le gonflement au point d’injection parmi les effets fréquents2 ; au coin des yeux, l’hématome au point d’injection est fréquent2,3.
La « bosse » que l’on sent parfois juste après l’injection correspond le plus souvent à ce gonflement local. Elle s’atténue d’elle-même. Un bleu suit son évolution habituelle, du violet au jaune, comme après une prise de sang.
La douleur ou l’appréhension de l’aiguille peuvent aussi provoquer un malaise passager, avec une baisse de tension et parfois une perte de connaissance brève1. Ce malaise vagal n’est pas lié à l’action de la toxine elle-même.
Le mal de tête
Le mal de tête est l’un des effets indésirables les plus rapportés. Pour la ride du lion, une notice le classe très fréquent4 ; d’autres le classent fréquent, pour la ride du lion comme pour le front2,3. Les notices ne précisent pas sa durée habituelle. Un mal de tête brutal, très intense ou associé à d’autres signes, comme une gêne visuelle, n’est pas un effet attendu : il doit faire consulter.
Les effets liés à la zone traitée
La toxine relâche les muscles injectés, mais son effet peut toucher un muscle voisin. Selon la zone, les notices décrivent notamment :
- une paupière tombante (ptôse palpébrale), fréquente dans une notice de type A après le traitement de la ride du lion et du front2 ;
- un sourcil qui tombe ou une sensation de lourdeur du front ou des paupières2,3 ;
- un sourcil relevé en queue, appelé effet Méphisto (élévation latérale du sourcil)2,3 ;
- un gonflement de la paupière et une sécheresse de l’œil, fréquents après le traitement des pattes d’oie avec un produit3 ;
- une asymétrie du visage ou une vision trouble, peu fréquentes3.
Pour la toxine botulique de courte durée (sérotype E), autorisée uniquement pour la ride du lion, la notice rapporte une paupière tombante chez 0,17 % des patients, une chute du sourcil chez 0,13 % et un effet Méphisto chez 0,04 %1. Ces chiffres ne se comparent pas à ceux des toxines de type A, obtenus dans d’autres essais.
Dans la grande majorité des cas, ces effets disparaissent quand l’effet de la toxine s’estompe. Chacun a sa fiche détaillée dans l’atlas, par exemple pour une paupière qui tombe ou qui gonfle après une injection.
Les effets plus généraux
Une notice signale, depuis la commercialisation, des symptômes ressemblant à ceux de la grippe, sans fréquence connue3. Des nausées sont décrites, peu fréquentes, après le traitement des rides du tiers supérieur du visage (front, ride du lion, pattes d’oie)3. Une réaction allergique grave (anaphylaxie) peut survenir très rarement après l’injection de toxine botulique1 : c’est pourquoi le médecin dispose du matériel d’urgence nécessaire.
Les signes qui doivent alerter
Très rarement, l’effet de la toxine est observé à distance du point d’injection. Les notices décrivent alors une faiblesse musculaire, des troubles de la déglutition et de la parole, des difficultés à respirer1,2. Elles précisent que les difficultés à respirer ou à avaler sont graves et peuvent conduire au décès2, et demandent de consulter immédiatement un médecin si ces signes apparaissent1,3. Ils peuvent apparaître avec retard : les symptômes d’un surdosage ne se manifestent pas toujours immédiatement après l’injection1.
Une vision double fait partie des signes à signaler sans attendre3. Une rougeur chaude qui s’étend, une douleur croissante ou de la fièvre peuvent traduire une infection au point d’injection1.
Qui est plus exposé ?
Les notices contre-indiquent l’injection en cas d’allergie connue au produit, de maladie généralisée de l’activité musculaire, comme la myasthénie ou le syndrome de Lambert-Eaton, et d’infection au point d’injection1,2. Elles déconseillent l’injection en cas d’antécédents de troubles de la déglutition1,2 et demandent de la prudence en cas de maladie neuromusculaire, même non diagnostiquée1.
Un traitement anticoagulant impose aussi la prudence3 : signalez-le à votre médecin, mais ne l’arrêtez jamais sans l’avis de celui qui vous l’a prescrit. Certains médicaments, comme les antibiotiques de la famille des aminosides ou les myorelaxants, peuvent renforcer l’effet de la toxine1. L’injection n’est pas recommandée pendant la grossesse1,2. D’où l’importance de signaler, avant l’injection, vos traitements, vos antécédents et toute injection de toxine récente.
Que faire en cas d’effet secondaire ?
Pour une réaction au point d’injection ou un mal de tête modéré, il suffit en général de patienter. Pour un effet sur un muscle voisin, recontactez le médecin qui a réalisé l’injection : il connaît la zone traitée et le produit utilisé, et pourra juger de la conduite à tenir. Si l’effet attendu ne se produit pas, la question est différente : voyez notre page sur la toxine botulique qui ne fait pas effet. Si au contraire l’effet vous paraît trop marqué, lisez que faire quand l’effet de la toxine est trop fort.
Vous pouvez aussi signaler vous-même un effet indésirable : la notice destinée aux patients d’une toxine de type A indique que l’on peut le déclarer directement via le système national de déclaration de l’ANSM et des centres régionaux de pharmacovigilance, en plus d’en parler à son médecin ou à son pharmacien2.
En cas de gêne pour avaler, parler ou respirer, appelez le 15 sans attendre.
À retenir
- Les effets les plus courants sont locaux et passagers : douleur, gonflement, bleu au point d’injection, mal de tête1,2,4.
- Paupière tombante, chute ou élévation du sourcil, sécheresse de l’œil : ces effets dépendent de la zone et disparaissent avec l’effet de la toxine2,3.
- Les fréquences de deux produits issus d’essais différents ne se comparent pas.
- Gêne pour avaler, parler, respirer, vision double : appelez le 151.
Questions fréquentes
Le mal de tête après une injection est-il normal ?
Oui, c’est l’un des effets indésirables les plus souvent rapportés. Il est classé très fréquent dans la notice d’une toxine de type A pour la ride du lion4, et fréquent dans d’autres notices pour la ride du lion et le front2,3. Il fait partie des effets observés dans la première semaine et transitoires3. Un mal de tête violent, inhabituel ou accompagné d’autres signes doit en revanche faire consulter.
J’ai une petite bosse ou un bleu au point d’injection : faut-il s’inquiéter ?
En général non. Le gonflement, l’induration, le saignement et les ecchymoses font partie des réactions associées aux injections de toxine botulique1, et l’hématome au point d’injection est fréquent au coin des yeux2,3. Ces réactions disparaissent seules. Consultez si la zone devient chaude, rouge et de plus en plus douloureuse, ou s’il apparaît de la fièvre : une infection locale fait aussi partie des réactions décrites1.
La toxine courte durée a-t-elle moins d’effets secondaires que la toxine de longue durée ?
On ne peut pas le dire. La notice de la toxine courte durée rapporte une paupière tombante chez 0,17 % des patients, une chute du sourcil chez 0,13 % et un effet Méphisto chez 0,04 %1. Mais ces chiffres viennent d’essais différents de ceux des toxines de type A, avec d’autres doses et d’autres protocoles : les comparer directement ne serait pas loyal. Aucun essai ne compare les deux familles.
Les effets secondaires peuvent-ils apparaître plusieurs jours après l’injection ?
Oui. Les effets liés à l’action de la toxine apparaissent quand elle agit : dans les essais d’une toxine de type A, la paupière tombante est survenue en médiane 9 jours après le traitement et la chute du sourcil en médiane 5 jours après2. Les signes d’un surdosage peuvent aussi ne pas apparaître immédiatement après l’injection1.
Sources
- 1.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 3.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments