Aller au contenu
Troubles respiratoires, de déglutition ou visuels : appelez le 15.

Paupière tombante après Botox : pourquoi, combien de temps, que faire

Une paupière qui tombe quelques jours après une injection est un effet indésirable connu de la toxine botulique. Elle est temporaire : elle disparaît quand l’effet de la toxine s’estompe. Voici pourquoi elle survient, combien de temps elle dure, ce qui peut aider en attendant et quand consulter sans tarder.

La paupière tombante, que les médecins appellent ptôse palpébrale, fait partie des problèmes de paupières après une injection de toxine botulique les plus connus. Elle ne concerne qu’une petite partie des injections et ne met pas l’œil en danger, mais elle est gênante, visible et parfois inquiétante. Une revue de la littérature souligne qu’elle reste rare, et plus fréquente lorsque le praticien est peu expérimenté1. Cette fiche répond aux sept questions que l’on se pose le plus souvent. Si votre paupière vient de tomber, retenez d’abord ceci : l’effet est connu, il est temporaire, et votre médecin peut vous aider en attendant qu’il disparaisse.

Pourquoi la paupière tombe-t-elle après une injection ?

La paupière supérieure est maintenue ouverte par un muscle appelé releveur de la paupière supérieure, situé dans l’orbite. Quand la toxine botulique injectée dans une zone voisine, le plus souvent entre les sourcils, diffuse jusqu’à ce muscle, elle l’affaiblit à son tour : la paupière descend1. Une étude anatomique menée par les auteurs de la même revue a montré qu’un petit orifice osseux, présent chez certaines personnes au-dessus de l’œil, peut servir de passage direct de la région du sourcil vers le toit de l’orbite1.

C’est pour ces raisons que les notices demandent d’éviter d’injecter à proximité du muscle releveur de la paupière, et précisent la hauteur des points d’injection au-dessus du rebord de l’orbite2,3,6. Une revue recommande aussi de rester à 1,5 cm au-dessus du sourcil, sur la ligne de la pupille, quand on traite le front7.

La ptôse est décrite dans les notices des toxines de type A comme dans celle de la toxine courte durée. Pour une toxine de type A, elle est fréquente après le traitement de la ride du lion2 ; pour une autre, elle est peu fréquente6. Avec la toxine courte durée, elle a été rapportée chez 0,17 % des patients3. Ces fréquences viennent d’essais différents : elles ne permettent pas de comparer les produits entre eux.

Combien de temps après l’injection apparaît-elle ?

Elle apparaît en général entre 3 et 14 jours après l’injection1. Dans les essais d’une toxine de type A portant sur le traitement du front et de la ride du lion, le délai médian d’apparition était de 9 jours après le traitement2. Pour la toxine courte durée, dont les premiers effets se manifestent dès 8 heures3, ce délai n’a pas été publié.

Combien de temps dure-t-elle ?

Le plus souvent, quelques semaines : la paupière remonte à mesure que l’effet de la toxine s’estompe1. Dans une série de cas, des ptôses gênantes ont toutefois persisté de 6 semaines à 13 mois4. Les auteurs proposent un repère : chez les patients dont la paupière remonte avec un collyre d’apraclonidine après une semaine d’essai, la ptôse disparaît probablement en 4 à 6 semaines ; chez ceux qui ne répondent pas, elle peut durer plus longtemps4.

La durée dépend aussi de la toxine injectée : environ 2 à 3 semaines d’effet pour la toxine courte durée3, plusieurs mois pour une toxine de type A2. Ces durées sont détaillées sur la page combien de temps dure la toxine botulique, et le comparatif des deux familles de toxines résume leurs profils.

Est-ce réversible ?

Oui. La ptôse disparaît d’elle-même quand l’effet de la toxine s’estompe et que le muscle releveur retrouve sa force1. Il n’existe pas de produit qui « annule » la toxine, mais la récupération est spontanée1 ; dans de rares cas, elle peut prendre plusieurs mois4.

Existe-t-il un traitement ?

Des collyres prescrits par un médecin, à base d’apraclonidine ou d’oxymétazoline notamment, peuvent soulever partiellement la paupière en attendant la récupération1,4. Un collyre d’oxymétazoline a été évalué dans deux essais de phase 3 chez des adultes atteints de ptôse acquise : il a relevé la paupière dès les minutes suivant l’instillation, et cet effet se maintenait au 42e jour5. Ces essais ne portaient pas spécifiquement sur les ptôses dues à la toxine botulique.

Ces collyres agissent sur un petit muscle annexe de la paupière ; ils n’accélèrent pas la disparition de la toxine. La revue cite aussi d’autres options, à discuter avec un spécialiste1. Aucun massage, aucune crème et aucun exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées. Les collyres s’utilisent uniquement sur prescription, après un examen : le médecin vérifie d’abord qu’ils vous conviennent.

Que faut-il éviter ?

N’utilisez pas de collyre sans avis médical. Ne modifiez pas de vous-même un traitement en cours. Évitez de masser la zone ou de manipuler la paupière. Ne cherchez pas à « corriger » par une nouvelle injection rapprochée : après une toxine de courte durée, une toxine de type A injectée moins de 30 jours plus tard n’a pas été évaluée3. Évitez de conduire si la paupière gêne votre champ de vision : la notice d’une toxine botulique signale ce risque3.

Quand demander un avis médical ?

Parlez-en à votre médecin dès que la paupière tombe, pour confirmer qu’il s’agit bien de cet effet, et non d’un sourcil qui descend, et pour discuter d’un collyre. Consultez sans attendre si l’œil devient douloureux ou très sec, si la paupière couvre la pupille, ou si la gêne ne s’améliore pas. Pour cette consultation, notez la date de l’injection, la zone traitée et le jour où la paupière a commencé à tomber : ces repères aident à confirmer le lien avec l’injection.

Quand consulter rapidement

  • Vision trouble ou double
  • Gêne pour avaler, parler ou respirer

Troubles respiratoires, de déglutition ou visuels : appelez le 15.

D’autres problèmes peuvent toucher la même région, comme les paupières gonflées après une injection, ou un sourcil qui tombe, souvent confondu avec la paupière tombante.

À retenir

  • La paupière tombe quand la toxine diffuse jusqu’au muscle releveur de la paupière supérieure1.
  • Elle apparaît en général entre 3 et 14 jours après l’injection, avec un délai médian de 9 jours dans les essais d’une toxine de type A1,2.
  • Elle est réversible et disparaît quand l’effet de la toxine s’estompe, le plus souvent en quelques semaines1.
  • Un collyre sur prescription peut soulever partiellement la paupière en attendant1,4.

Questions fréquentes

  • Une paupière tombante après une injection peut-elle durer plusieurs mois ?

    C’est rare. Le plus souvent, la paupière remonte quand l’effet de la toxine s’estompe1. Une série de sept patients adressés à un service spécialisé décrit toutefois des ptôses gênantes qui ont duré de 6 semaines à 13 mois4. Si la gêne dure, parlez-en à votre médecin : il peut proposer un collyre sur prescription et, selon la réponse à ce collyre, estimer le temps de récupération4.

  • Peut-on conduire avec une paupière tombante ?

    Soyez prudent. La notice d’une toxine botulique signale qu’une chute de la paupière et des troubles de la vision peuvent altérer l’aptitude à conduire et à utiliser des machines3. Si la paupière masque une partie de votre champ de vision, ou si vous voyez trouble ou double, ne conduisez pas et demandez un avis médical. Une paupière à peine abaissée, sans gêne visuelle, se discute avec votre médecin.

Sources

  1. 1.Nestor M.S. et al., ptôse de la paupière après toxine botulique : revue, Journal of Cosmetic Dermatology, 2021 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Cosmetic Dermatology
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  4. 4.Steinsapir K.D. et al., série de cas de ptôse après toxine botulique, Dermatologic Surgery, 2015 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
  5. 5.Bacharach J. et al., collyre d’oxymétazoline dans la ptôse acquise : essai de phase 3, Clinical Ophthalmology, 2021 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Clinical Ophthalmology
  6. 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  7. 7.Borba A. et al., éviter les complications de la toxine botulique dans le haut du visage : guide pratique, Aesthetic Plastic Surgery, 2022 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Aesthetic Plastic Surgery
Prendre rendez-vousSOS après une injection