Botox cou : les bandes du platysma, pourquoi et comment ?
Les bandes verticales qui se dessinent sur le cou quand on serre les dents sont dues au platysma, un muscle fin du cou. Leur traitement par toxine botulique est autorisé aux États-Unis depuis octobre 2024, mais pas en France, où il reste hors autorisation. Voici ce que montrent les études, et les précautions propres au cou.
Le cou fait partie des onze zones de notre atlas de la toxine botulique zone par zone. Cette fiche porte sur les bandes du platysma : d’où elles viennent, ce que montrent les études, pourquoi le traitement est autorisé aux États-Unis mais pas en France, et quelles précautions s’imposent pour cette zone. Elle ne remplace pas une consultation.
Pourquoi traite-t-on le cou ?
Le platysma est un muscle très fin, en nappe, qui s’étend sous la peau du cou depuis la mâchoire. Quand il se contracte, il peut former des bandes verticales, parfois appelées « cordes du cou », qui relient la mâchoire au cou1. Les chercheurs parlent de « proéminence du platysma » pour désigner l’ensemble des effets visibles de sa contraction : bandes du cou et contour de la mâchoire moins net2.
La toxine botulique relâche temporairement les fibres du platysma injectées, juste sous la peau, ce qui atténue ces bandes2. Un consensus d’experts italiens publié en 2026 retient trois indications pour ce muscle : les bandes platysmales, le contour de la mâchoire et l’aspect de la peau3. Les bandes platysmales figuraient déjà dans un consensus international de 2010, rédigé par un groupe d’experts constitué autour du produit d’un fabricant4.
Ce que la toxine ne fait pas : elle ne traite ni un excès de peau du cou, ni une accumulation de graisse sous le menton, ni les rides horizontales liées à la qualité de la peau de la même manière que les bandes musculaires.
Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?
En France, il n’existe pas de critère officiel, puisqu’aucune notice ne prévoit cette zone. Aux États-Unis, l’autorisation de la FDA vise l’amélioration temporaire de l’apparence des bandes verticales modérées à sévères reliant la mâchoire au cou, chez l’adulte1. L’essai de phase 3 qui l’a appuyée portait sur des adultes ayant une proéminence du platysma modérée à sévère2.
Les contre-indications des notices s’appliquent quelle que soit la zone : allergie à la toxine ou à un composant du produit, maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), infection au point d’injection5,6. Pour le cou, une précaution compte particulièrement : les notices déconseillent l’injection en cas d’antécédents de troubles de la déglutition ou de fausse route5,6. La grossesse et l’allaitement sont aussi des situations où le traitement n’est pas recommandé5,6.
Quelle toxine pour le cou ?
| Toxine | Statut en France |
|---|---|
| Toxine botulique de longue durée (type A) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
| Toxine botulique de courte durée (sérotype E) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
Autorisé aux États-Unis pour les bandes du cou depuis octobre 2024 (produit de type A), pas en France.
Les toxines de type A autorisées en esthétique en France visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front6. Aucune ne prévoit le cou. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion5. En France, toute injection sur cette zone est donc hors autorisation de mise sur le marché.
La situation est différente aux États-Unis : en octobre 2024, la FDA a autorisé une toxine de type A pour les bandes du platysma modérées à sévères de l’adulte1. Cette autorisation ne s’applique pas en France.
Est-ce indiqué pour moi ?
Votre médecin observera votre cou au repos et quand vous serrez les dents, la qualité de votre peau, le contour de votre mâchoire. Il vous interrogera sur d’éventuelles difficultés à avaler, des fausses routes ou des problèmes respiratoires, qui imposent la prudence5,6. Il tiendra compte de vos antécédents, de vos traitements et d’un éventuel projet de grossesse.
Les zones voisines sont présentées dans les fiches sur le masséter et la mâchoire et sur le menton en peau d’orange.
Questions à poser au médecin : ce traitement est-il hors autorisation en France ? Mes bandes sont-elles d’origine musculaire ? Quels signes doivent me faire consulter en urgence ? Combien de temps l’effet devrait-il durer dans votre expérience ?
Délais et durée
Aucune notice française ne donne de délai ni de durée pour cette zone. Dans l’essai de phase 3, l’effet principal a été évalué au 14e jour : 32,3 % des personnes traitées avaient atteint un grade minime ou léger avec une amélioration d’au moins deux grades, contre 1,9 % sous placebo2. Les participants ont été suivis pendant 120 jours après une seule séance2 ; le résumé ne précise pas la durée de l’effet.
Le fonctionnement général des délais est expliqué sur la page délai d’action de la toxine botulique.
Quels risques sur cette zone ?
Le cou est proche des muscles qui servent à avaler et à parler. Toutes les notices rappellent que l’effet de la toxine peut, dans certains cas, être observé à distance du point d’injection, avec une faiblesse musculaire, des troubles de la déglutition ou de la parole, voire des difficultés respiratoires5,6. Ces troubles imposent de consulter immédiatement5.
Dans l’essai de phase 3 sur les bandes du cou, les effets indésirables étaient aussi fréquents sous toxine que sous placebo, et aucun trouble de la déglutition ni faiblesse musculaire n’a été rapporté2. Cet essai a évalué une seule séance, et plusieurs de ses auteurs étaient salariés ou consultants du fabricant2.
Si vous ressentez une gêne après une injection du cou, la page cou après une injection : que faire ? explique comment reconnaître un cou raide ou une difficulté à avaler, et quand consulter en urgence.
À retenir
- Les bandes du cou sont dues au platysma, un muscle fin situé sous la peau1,2.
- Traitement autorisé aux États-Unis depuis octobre 2024 pour une toxine de type A, hors autorisation en France1,6.
- Une gêne pour avaler, parler ou respirer après l’injection impose de consulter immédiatement5.
- Signalez tout antécédent de trouble de la déglutition avant l’injection.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que les bandes du platysma ?
Le platysma est un muscle très fin, situé juste sous la peau du cou. Quand il se contracte, il peut dessiner des bandes verticales qui relient la mâchoire au cou, et estomper le contour de la mâchoire1,2. Ces bandes sont plus visibles quand on serre les dents ou qu’on tend le cou. Leur traitement par toxine botulique est décrit par des consensus d’experts3,4.
Le traitement du cou par toxine botulique est-il autorisé en France ?
Non. Aucune notice française ne prévoit cette zone : les toxines de type A autorisées en esthétique visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front6, et la toxine courte durée ne vise que la ride du lion5. Aux États-Unis, la FDA a autorisé en octobre 2024 une toxine de type A pour les bandes du platysma modérées à sévères de l’adulte1.
Une injection dans le cou peut-elle gêner pour avaler ?
C’est un risque connu de la toxine botulique en général : son effet peut, rarement, diffuser à distance et entraîner des troubles de la déglutition, de la parole ou de la respiration, qui imposent de consulter immédiatement5,6. Dans l’essai de phase 3 sur les bandes du cou, aucun trouble de la déglutition n’a été rapporté2. Signalez toujours au médecin tout antécédent de difficulté à avaler.
Sources
- 1.Communiqué du fabricant (AbbVie) sur l’autorisation de la FDA pour les bandes du cou, 18/10/2024 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant)
- 2.Fabi S. et al., toxine botulique de type A et bandes du cou (platysma) : essai de phase 3 contre placebo, Journal of the American Academy of Dermatology, 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of the American Academy of Dermatology
- 3.Fundarò S. et al., consensus italien et revue sur le traitement des muscles du bas du visage par toxine botulique de type A, Toxins, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
- 4.Ascher B. et al., recommandations de consensus international sur la toxine botulique de type A en esthétique, partie II : milieu et bas du visage, cou et décolleté, Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2010 (groupe d’experts constitué autour du produit d’un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology
- 5.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments