Botox menton : le menton « peau d’orange », pourquoi et comment ?
Un menton qui se plisse en « peau d’orange » est lié à un muscle trop actif, le muscle mentonnier. La toxine botulique peut le relâcher temporairement. Cet usage est décrit par des consensus d’experts, mais il ne figure dans aucune notice française : il est hors autorisation. Voici ce que l’on sait.
Le menton fait partie des onze zones de notre atlas de la toxine botulique par zone du visage. Cette fiche explique d’où vient l’aspect « peau d’orange » du menton, ce que la toxine peut et ne peut pas faire, pourquoi c’est un usage hors autorisation en France, et quels sont ses risques. Elle ne remplace pas une consultation.
Pourquoi traite-t-on le menton ?
Le muscle mentonnier est un petit muscle pair, qui part de l’os de la mâchoire inférieure1 et s’attache à la peau du menton. Quand il se contracte, il plisse la peau du menton. S’il est très actif, la peau prend un aspect grêlé, en « peau d’orange » ou en « balle de golf »1,2.
La toxine botulique relâche temporairement ce muscle, ce qui lisse le menton au mouvement. C’est le principal muscle visé pour traiter cet aspect1. Un consensus d’experts italiens publié en 2026 retient comme indications les plus consensuelles l’aspect en peau d’orange et l’hyperactivité du muscle mentonnier2. Le « menton à fossettes » figure aussi dans les consensus de 2004 et de 20103,4. Celui de 2010 a été rédigé par un groupe d’experts constitué autour du produit d’un fabricant4.
Ce que la toxine ne fait pas : elle ne modifie pas la forme ni la projection osseuse du menton, et ne corrige pas un relâchement de la peau du bas du visage. Les coins de la bouche qui tombent dépendent d’un autre muscle, l’abaisseur de l’angle de la bouche, que le même consensus aborde séparément2.
Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?
Il n’existe pas de critère officiel, puisqu’aucune notice française ne prévoit cette zone. Les consensus d’experts portent sur un muscle mentonnier hyperactif et l’aspect en peau d’orange qui en résulte2. Les consensus insistent sur l’évaluation individuelle de chaque patient3, et celui de 2026 souligne l’intérêt de l’échographie pour repérer les variations anatomiques de chacun2.
Les contre-indications des notices s’appliquent quelle que soit la zone : allergie à la toxine ou à un composant du produit, maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), infection au point d’injection5,6. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement5,6.
Quelle toxine pour le menton ?
| Toxine | Statut en France |
|---|---|
| Toxine botulique de longue durée (type A) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
| Toxine botulique de courte durée (sérotype E) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
Les toxines de type A autorisées en esthétique en France visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front6. Aucune ne prévoit le menton. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion5. Pour cette zone, toute injection est donc hors autorisation de mise sur le marché. Les consensus cités portent sur des toxines de type A2,3,4.
Est-ce indiqué pour moi ?
Votre médecin observera votre menton au repos et quand vous fermez la bouche, la position de vos lèvres, la forme de votre mâchoire. Un menton qui se crispe parce que les lèvres ont du mal à se fermer, par exemple en raison de la position des dents, relève d’un avis dentaire ou orthodontique autant que d’une injection. Il tiendra compte de vos antécédents, de vos traitements et d’un éventuel projet de grossesse.
La région voisine des lèvres est présentée dans la fiche sur la toxine botulique autour de la bouche ; celle de la mâchoire dans la fiche sur le masséter, et celle du cou dans la fiche sur les bandes du cou.
Questions à poser au médecin : ce traitement est-il hors autorisation ? Quel résultat est raisonnable ? Ma façon de parler, de manger ou de sourire peut-elle changer ? Combien de temps l’effet dure-t-il dans votre expérience ?
Délais et durée
Aucune notice ne donne de délai ni de durée pour le menton, et les résumés des consensus consultés ne fournissent pas de chiffre2,3,4. Nous n’en donnons donc pas. Pour les zones autorisées, les notices de type A décrivent une amélioration en quelques jours et un effet qui dure jusqu’à 4 mois environ6.
Le fonctionnement général de ces délais est expliqué sur la page combien de temps la toxine botulique met à agir.
Quels risques sur cette zone ?
Une revue anatomique de 2023 cite deux effets indésirables d’une injection mal placée dans le menton : une fermeture incomplète de la bouche, et un sourire asymétrique dû à un abaissement de la lèvre inférieure1. Le consensus de 2026 rappelle que le bas du visage est une zone délicate, parce que ses muscles ont des fonctions importantes, ce qui augmente le risque d’effets indésirables2. Les réactions au point d’injection décrites dans les notices (douleur, gonflement, petit bleu) sont aussi possibles5. Un muscle relâché seulement en partie peut aussi laisser le menton bosselé, par un bombement paradoxal2 : la fiche menton en peau d’orange ou bosselé après une injection explique que faire. Ces effets sont temporaires.
Une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement5. Si votre menton vous paraît figé ou votre sourire modifié après une injection, la page menton après une injection : que faire ? décrit les situations les plus fréquentes.
À retenir
- L’aspect « peau d’orange » du menton vient d’un muscle mentonnier trop actif1,2.
- Le traitement est décrit par des consensus d’experts, mais aucune notice française ne le prévoit2,3,6.
- C’est un usage hors autorisation, pour toutes les toxines5,6.
- Risques principaux : fermeture incomplète de la bouche, sourire asymétrique, temporaires1.
Questions fréquentes
Pourquoi le menton se plisse-t-il en « peau d’orange » ?
Cet aspect grêlé, parfois comparé à une balle de golf, est lié à un muscle mentonnier trop actif1,2. Ce petit muscle pair part de l’os de la mâchoire inférieure1 et s’attache à la peau du menton ; quand il se contracte, il plisse la peau. C’est l’indication du menton qui fait le plus consensus parmi les experts2.
Le traitement du menton par toxine botulique est-il autorisé en France ?
Non. Les toxines de type A autorisées en esthétique visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front6 ; la toxine courte durée ne vise que la ride du lion5. Le menton est décrit dans des consensus d’experts2,3,4, mais c’est un usage hors autorisation, qui doit vous être présenté comme tel.
Quels sont les risques d’une injection dans le menton ?
Une revue anatomique cite deux effets indésirables liés à une mauvaise localisation de l’injection : une fermeture incomplète de la bouche et un sourire asymétrique, dû à un abaissement de la lèvre inférieure1. Ces effets sont temporaires. Une bonne connaissance de l’anatomie du menton permet de les limiter1. Signalez tout effet gênant au médecin qui a réalisé l’injection.
Sources
- 1.Yi K.H. et al., repères anatomiques pour l’injection de toxine botulique dans le muscle mentonnier : revue, Anatomy & Cell Biology, 2023 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Anatomy & Cell Biology
- 2.Fundarò S. et al., consensus italien et revue sur le traitement des muscles du bas du visage par toxine botulique de type A, Toxins, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
- 3.Carruthers J. et al., consensus d’experts sur la toxine botulique en esthétique faciale, Plastic and Reconstructive Surgery, 2004 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Plastic and Reconstructive Surgery
- 4.Ascher B. et al., recommandations de consensus international sur la toxine botulique de type A en esthétique, partie II : milieu et bas du visage, cou et décolleté, Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2010 (groupe d’experts constitué autour du produit d’un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology
- 5.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments