Botox masséter : injection dans la mâchoire, ce que l’on sait
Le masséter est le muscle qui serre la mâchoire. Quand il est très développé, il élargit le bas du visage, et certaines personnes souhaitent le réduire par toxine botulique. En France, aucune notice ne prévoit cet usage : il est hors autorisation. Des essais récents existent, mais le recul reste limité. Voici les faits.
La mâchoire est l’une des onze zones de notre atlas « pourquoi et comment » de la toxine botulique, ajoutée parce que la question est fréquente. Cette fiche explique le rôle du masséter, ce que l’on sait de son traitement par toxine botulique, pourquoi c’est un usage hors autorisation en France, et quelles sont ses limites. Elle ne remplace pas une consultation.
Pourquoi parle-t-on du masséter ?
Le masséter est un muscle puissant, situé de chaque côté du visage, entre la pommette et l’angle de la mâchoire. Il sert à serrer les dents et à mâcher. Quand il est très développé, on parle d’hypertrophie ou de proéminence du masséter : il forme un renflement près de l’angle de la mâchoire et élargit le bas du visage1,3.
La toxine botulique relâche le muscle injecté ; dans le masséter, ce relâchement entraîne aussi une diminution progressive de son volume, ce qui explique la réduction de largeur observée dans certains essais1,3. Un essai de phase 3 publié en 2026, financé par le fabricant de la toxine étudiée, a ainsi mesuré une diminution moyenne de la largeur du bas du visage d’environ 5 mm au 90e jour, contre une absence de changement sous placebo3.
Ce que la toxine ne fait pas : elle ne modifie pas l’os de la mâchoire et n’agit pas sur un relâchement de la peau ou des graisses du bas du visage. Elle n’est pas un moyen garanti de changer la forme du visage : les résultats varient beaucoup d’une personne et d’une étude à l’autre2.
Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?
Il n’existe pas de critère officiel en France, puisqu’aucune notice ne prévoit cette zone. Les essais récents portent sur des adultes dont le masséter est jugé « marqué » ou « très marqué » sur une échelle d’évaluation3. La revue Cochrane de 2013 rappelait que l’hypertrophie bénigne du masséter est un phénomène peu fréquent, de cause mal connue ; les essais qu’elle recherchait devaient porter sur une hypertrophie confirmée par un examen clinique et radiologique1.
Les contre-indications des notices s’appliquent quelle que soit la zone : allergie à la toxine ou à un composant du produit, maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), infection au point d’injection5,6. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement5,6.
Quelle toxine pour le masséter ?
| Toxine | Statut en France |
|---|---|
| Toxine botulique de longue durée (type A) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
| Toxine botulique de courte durée (sérotype E) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
Les toxines de type A autorisées en esthétique en France visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front6,7. Aucune ne prévoit le masséter. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion5. Pour cette zone, toute injection est donc hors autorisation de mise sur le marché. Aux États-Unis, le fabricant d’une toxine de type A a annoncé le 4 août 2026 que sa demande d’autorisation pour cette zone avait été acceptée pour examen par la FDA ; à la date de ce communiqué, l’usage n’y était donc pas autorisé4.
Est-ce indiqué pour moi ?
Votre médecin cherchera d’abord à savoir si la largeur de votre mâchoire tient vraiment au muscle, et non à l’os ou aux tissus de la joue. Il vous demandera si vous serrez les dents, si vous avez des douleurs de la mâchoire, et tiendra compte de vos antécédents, de vos traitements et d’un éventuel projet de grossesse.
Il vous expliquera aussi les limites des données : peu d’essais, des résultats variables, pas de protocole optimal défini2. Les zones voisines sont présentées dans les fiches sur le menton et sur le cou et les bandes du platysma.
Questions à poser au médecin : ce traitement est-il hors autorisation ? Ma mâchoire est-elle large à cause du muscle ? Quel résultat est raisonnable, et au bout de combien de temps ? Ma mastication peut-elle être gênée ? Que se passe-t-il si j’arrête ?
Délais et durée
Aucune notice ne donne de délai ni de durée pour cette zone. Dans l’essai de phase 3 de 2026, 51,2 % des personnes traitées avaient une amélioration d’au moins deux grades au 90e jour, contre 2,2 % sous placebo, et l’amélioration se maintenait jusqu’au 180e jour3. La méta-analyse de 2026 observe déjà un bénéfice à la 4e semaine, mais insiste sur le besoin d’essais avec un suivi plus long2.
Le fonctionnement général des délais d’action est expliqué sur la page combien de temps met la toxine botulique à agir.
Quels risques sur cette zone ?
Dans l’essai de phase 3 de 2026, la plupart des effets indésirables étaient légers, sans gravité, et ont disparu3. Le plus fréquent des effets liés au traitement était une gêne à la mastication (fatigue ou douleur de la mâchoire, mastication moins forte), chez 3,5 % des personnes traitées contre aucune sous placebo3. Les réactions au point d’injection décrites dans les notices (douleur, gonflement, petit bleu) sont possibles5. Le masséter servant à mâcher, cette gêne est une question à poser au médecin avant l’injection ; la fiche difficulté à mâcher après une injection des masséters explique combien de temps elle dure et que faire.
Comme pour toute injection de toxine botulique, une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement5. Si un effet inattendu survient après une injection de la mâchoire, la page mâchoire après une injection : que faire ? aide à s’orienter.
À retenir
- Le masséter sert à serrer les dents ; très développé, il élargit le bas du visage1,3.
- Aucune notice française ne prévoit cette zone : l’injection est hors autorisation5,6.
- Les essais récents montrent un effet à court terme, avec des résultats variables et un recul limité2,3.
- Aux États-Unis, une demande d’autorisation a été acceptée pour examen en août 2026, selon le fabricant4.
Questions fréquentes
L’injection de toxine botulique dans le masséter est-elle autorisée en France ?
Non. Aucune notice française de toxine botulique ne prévoit le masséter : les toxines de type A autorisées en esthétique visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front6,7, et la toxine courte durée ne vise que la ride du lion5. Aux États-Unis, une demande d’autorisation pour cette zone a été acceptée pour examen en août 2026, selon le communiqué du fabricant4.
Que montrent les études sur le masséter ?
En 2013, une revue Cochrane n’avait trouvé aucun essai contrôlé répondant à ses critères1. Depuis, des essais contre placebo ont été publiés. Une méta-analyse de 2026, réunissant cinq essais et 536 participants, conclut à une amélioration à court terme de la proéminence et de l’épaisseur du muscle, avec des résultats très variables d’une étude à l’autre et sans protocole optimal défini2.
Combien de temps dure l’effet dans le masséter ?
Aucune notice ne le précise, puisque cet usage n’y figure pas. Dans un essai de phase 3 publié en 2026, l’effet principal a été mesuré au 90e jour et l’amélioration se maintenait jusqu’au 180e jour3. La méta-analyse de 2026 souligne le manque d’essais avec un suivi plus long2. C’est une question à aborder avec votre médecin.
Sources
- 1.Fedorowicz Z. et al., toxine botulique et hypertrophie des masséters, revue Cochrane, 2013 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Cochrane Database of Systematic Reviews
- 2.Machado G.F. et al., toxine botulique et hypertrophie des masséters : revue systématique et méta-analyse, Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Plastic, Reconstructive & Aesthetic Surgery
- 3.Sun J. et al., toxine botulique de type A et masséters proéminents : essai de phase 3 contre placebo, Aesthetic Surgery Journal, 2026 (étude financée par le fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Aesthetic Surgery Journal (Oxford University Press)
- 4.Communiqué du fabricant (AbbVie) sur le dépôt d’une demande auprès de la FDA pour les masséters, 04/08/2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant)
- 5.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 7.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments