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Botox lèvres : lip flip et rides autour de la bouche

Autour de la bouche, la toxine botulique est utilisée de deux façons : atténuer les rides verticales de la lèvre supérieure, ou retrousser légèrement la lèvre, ce qu’on appelle le « lip flip ». Ni l’une ni l’autre ne figure dans les notices françaises : ce sont des usages hors autorisation. Voici ce que l’on sait.

Les lèvres font partie des onze zones de notre atlas de la toxine botulique, zone par zone. Cette fiche présente les deux usages les plus fréquents autour de la bouche, ce que la toxine peut et ne peut pas faire, ce que disent les études, et pourquoi ces usages sont hors autorisation en France. Elle ne remplace pas une consultation.

Pourquoi traite-t-on les lèvres ?

Autour de la bouche, un muscle en anneau, l’orbiculaire de la bouche, permet de fermer les lèvres, de les pincer, de les avancer. C’est lui qui est visé, de deux façons différentes.

Premier usage : les rides verticales de la lèvre supérieure, parfois appelées « code-barres », qui se marquent quand on pince les lèvres. Elles sont liées à l’activité de l’orbiculaire de la bouche1. Relâcher légèrement ce muscle les rend moins visibles au mouvement. Un essai publié en 2012 a étudié cet usage chez 60 femmes1.

Second usage : le lip flip. Une petite quantité de toxine est injectée le long du bord de la lèvre supérieure, pour qu’elle se retrousse légèrement vers l’extérieur2. L’objectif décrit est d’améliorer le contour de la lèvre, son retroussement et l’impression de lèvre plus pleine2, sans injecter de produit de comblement.

La région de la bouche est aussi abordée par un consensus d’experts de 2004 sur la toxine botulique en esthétique3.

Ce que la toxine ne fait pas : elle n’augmente pas le volume des lèvres et ne remplace pas un produit de comblement. Elle ne traite pas non plus les rides très marquées au repos de la même façon qu’au mouvement.

Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?

Aucune notice française ne prévoit cette zone : il n’existe donc pas de critère officiel. Pour les rides de la lèvre supérieure, l’essai de 2012 portait sur des rides « dynamiques », c’est-à-dire visibles au mouvement1. Pour le lip flip, une publication de 2021 s’interroge sur l’essor de cette demande et constate que la littérature reste très limitée2.

Les contre-indications des notices s’appliquent quelle que soit la zone : allergie à la toxine ou à un composant du produit, maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), infection au point d’injection4,5. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement4,5.

Quelle toxine pour les lèvres ?

Statut d’autorisation en France : Lèvres
ToxineStatut en France
Toxine botulique de longue durée (type A)Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin
Toxine botulique de courte durée (sérotype E)Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin

Les toxines de type A autorisées en esthétique en France visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front5,6. Aucune ne prévoit les lèvres. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion4. Pour cette zone, toute injection est donc hors autorisation de mise sur le marché. Les études citées portent sur des toxines de type A1,2.

Statut au 9 octobre 2026 : aucune notice française ne prévoit d’injection de toxine botulique dans les lèvres4,5. Ces usages sont hors autorisation et doivent vous être présentés comme tels.

Est-ce indiqué pour moi ?

Votre médecin observera vos lèvres au repos et en mouvement, la façon dont la lèvre supérieure se retrousse au sourire, la quantité de gencive visible, et vos habitudes : parler beaucoup en public, jouer d’un instrument à vent, par exemple, sont des éléments à signaler. Il tiendra compte de vos antécédents, de vos traitements et d’un éventuel projet de grossesse.

Si votre souhait porte surtout sur la gencive visible au sourire, la fiche sur le sourire gingival traite de cette question. Si c’est le menton qui se crispe quand vous fermez la bouche, voyez la fiche sur le menton.

Questions à poser au médecin : ce traitement est-il hors autorisation ? Quel résultat est raisonnable ? Vais-je pouvoir boire, parler, siffler normalement ? Que se passe-t-il si une lèvre est plus relâchée que l’autre ?

Délais et durée

Aucune notice ne donne de délai ni de durée pour cette zone. Pour les rides de la lèvre supérieure, l’essai de 2012 a observé une réduction de leur sévérité jusqu’à la 16e semaine avec la plus faible des deux doses testées, et jusqu’à la 20e semaine avec la plus forte1. Pour le lip flip, nous n’avons trouvé aucune donnée chiffrée dans une source sérieuse.

Le fonctionnement général de ces délais est expliqué sur la page consacrée au délai d’action de la toxine botulique.

Quels risques sur cette zone ?

La bouche sert à parler, manger, boire, embrasser. Relâcher l’orbiculaire de la bouche peut donc avoir des conséquences fonctionnelles. Dans l’essai de 2012, la plupart des effets indésirables étaient légers à modérés, typiques d’un traitement des lèvres, et plus fréquents avec la dose la plus forte1 ; le résumé ne les détaille pas. Une notice de type A rappelle, pour une zone voisine, qu’une injection trop proche du muscle grand zygomatique peut faire tomber la lèvre6. Les réactions au point d’injection (douleur, gonflement, petit bleu) sont aussi possibles4.

Une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement4. Si le résultat ne vous convient pas, par exemple une lèvre asymétrique, la page lèvres après une injection : que faire ? décrit les situations les plus fréquentes.

À retenir

  • Deux usages autour de la bouche : les rides verticales de la lèvre supérieure et le lip flip1,2.
  • Le muscle visé est l’orbiculaire de la bouche, qui sert aussi à parler, boire et manger1.
  • Aucune notice française ne prévoit ces usages : ils sont hors autorisation4,5.
  • La toxine n’ajoute pas de volume aux lèvres.

Questions fréquentes

  • Qu’est-ce que le lip flip ?

    Le « lip flip » consiste à injecter une petite quantité de toxine botulique le long du bord de la lèvre supérieure, pour la retrousser légèrement vers l’extérieur et modifier son contour2. Il ne s’agit pas d’un volume ajouté. Les auteurs d’une publication de 2021 soulignent que la littérature sur cette pratique reste très limitée2. C’est un usage hors autorisation en France.

  • La toxine botulique peut-elle atténuer les rides de la lèvre supérieure ?

    Les rides verticales qui apparaissent quand on pince les lèvres sont liées au muscle orbiculaire de la bouche. Dans un essai portant sur 60 femmes, la toxine a réduit leur sévérité, avec un effet qui persistait jusqu’à la 16e semaine à la plus faible des deux doses testées1. Les notices françaises ne prévoient pas cette zone : c’est un usage hors autorisation.

  • Le lip flip remplace-t-il une injection d’acide hyaluronique ?

    Non, ce sont deux gestes différents. La toxine botulique relâche un muscle et peut modifier la façon dont la lèvre se retrousse2 ; elle n’ajoute pas de volume. L’acide hyaluronique, un produit de comblement, n’est pas traité sur ce site, qui porte sur la toxine botulique. Votre médecin vous expliquera quelle approche correspond à ce que vous souhaitez.

Sources

  1. 1.Cohen J.L. et al., essai comparant deux doses de toxine botulique de type A dans les rides péribuccales dynamiques, Dermatologic Surgery, 2012 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
  2. 2.Teixeira J.C. et al., toxine botulique de type A et retroussement de la lèvre (« lip flip »), Journal of Craniofacial Surgery, 2021 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Craniofacial Surgery
  3. 3.Carruthers J. et al., consensus d’experts sur la toxine botulique en esthétique faciale, Plastic and Reconstructive Surgery, 2004 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Plastic and Reconstructive Surgery
  4. 4.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  5. 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  6. 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
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