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Botox rides du nez : les « bunny lines », pourquoi et comment ?

Les « bunny lines » sont de petites rides obliques sur le haut du nez, qui apparaissent quand on plisse le nez ou qu’on sourit franchement. Leur traitement par toxine botulique est décrit par des consensus d’experts, mais il ne figure dans aucune notice française : c’est un usage hors autorisation. Voici ce que l’on sait.

Le nez fait partie des onze zones de notre atlas des zones traitées par toxine botulique. Cette fiche porte sur les « bunny lines », les petites rides du haut du nez : d’où elles viennent, ce que l’on sait de leur traitement, pourquoi il s’agit d’un usage hors autorisation en France, et quelles questions poser. Elle ne remplace pas une consultation.

Pourquoi traite-t-on les rides du nez ?

Les « bunny lines » sont des rides verticales et obliques sur les côtés du haut du nez, entre le coin interne de l’œil et l’arête du nez. Elles sont attribuées à la contraction du muscle nasal, qui plisse le nez1. Elles se marquent quand on fronce le nez ou quand on rit.

Une étude anatomique publiée en 2025 a précisé ce qui se trouve sous ces rides1. Chez des volontaires examinés par échographie et sur des pièces de dissection, elle a trouvé une petite zone sans muscle, entourée de plusieurs muscles : le procérus (entre les sourcils), le muscle nasal, le muscle orbiculaire de l’œil et un muscle qui relève l’aile du nez et la lèvre supérieure1. Les auteurs en concluent que l’injection devrait viser le bord de ces muscles plutôt que la ride elle-même1.

Le traitement de cette zone est décrit dans des consensus d’experts sur la toxine botulique en esthétique, en 2004 et en 20102,3. Celui de 2010 a été rédigé par un groupe d’experts constitué autour du produit d’un fabricant3. Le consensus de 2010 décrit aussi le traitement d’une pointe du nez qui tombe3.

Ce que la toxine ne fait pas : elle ne modifie pas la forme du nez, ne corrige pas une bosse ni une déviation, et n’agit pas sur les rides dues à la qualité de la peau.

Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?

Il n’existe pas de critères officiels pour cette zone, puisqu’aucune notice française ne la prévoit. Les consensus d’experts insistent sur l’évaluation individuelle avant tout traitement2. En pratique, la question se pose surtout quand ces rides gênent la personne, au repos ou au mouvement.

Les contre-indications des notices s’appliquent quelle que soit la zone : allergie à la toxine ou à un composant du produit, maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), infection au point d’injection4,5. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement4,5.

Quelle toxine pour les rides du nez ?

Statut d’autorisation en France : Nez
ToxineStatut en France
Toxine botulique de longue durée (type A)Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin
Toxine botulique de courte durée (sérotype E)Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin

Les toxines de type A autorisées en esthétique en France visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front5,6. Aucune ne prévoit les rides du nez. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion4. Pour cette zone, toute injection est donc hors autorisation de mise sur le marché, quelle que soit la toxine. Les consensus d’experts cités portent sur des toxines de type A2,3.

Statut au 9 octobre 2026 : aucune notice française ne prévoit le traitement des rides du nez4,5. C’est un usage hors autorisation, qui doit vous être présenté comme tel en consultation.

Est-ce indiqué pour moi ?

Votre médecin observera comment votre nez se plisse, au repos et au sourire, et si vous avez déjà reçu des injections dans les zones voisines. Il tiendra compte de vos antécédents, de vos traitements et d’un éventuel projet de grossesse.

Questions à poser au médecin : ce traitement est-il hors autorisation, et pourquoi me le proposez-vous ? Où allez-vous injecter ? Mon sourire risque-t-il d’être modifié ? Combien de temps l’effet devrait-il durer dans votre expérience ? Quelles sont les alternatives ?

Délais et durée

Aucune notice ne donne de délai ni de durée pour cette zone, et les résumés des consensus consultés ne fournissent pas de chiffre2,3. Nous préférons donc ne pas en donner. Pour les zones autorisées, les notices de type A décrivent une amélioration en quelques jours et un effet qui dure jusqu’à 4 mois environ5,6.

Le fonctionnement général de ces délais est expliqué sur la page consacrée au temps d’action de la toxine botulique.

Quels risques sur cette zone ?

Les notices décrivent, pour toute injection de toxine botulique, des réactions au point d’injection : douleur, rougeur, gonflement, petit bleu4. Le haut du nez est entouré de muscles qui servent à l’expression du visage, dont un muscle qui relève la lèvre supérieure1. Une diffusion vers ces muscles pourrait, en théorie, modifier le sourire. Le sourire et ses muscles sont présentés dans la fiche sur le sourire gingival, et les rides voisines du coin de l’œil dans celle sur les pattes d’oie.

Une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement4. Un trouble de la vue doit aussi faire consulter rapidement. Si le résultat ne vous convient pas, la page nez après une injection : que faire ? décrit les situations les plus fréquentes.

À retenir

  • Les « bunny lines » sont attribuées au muscle nasal, au milieu d’autres muscles de l’expression1.
  • Leur traitement est décrit par des consensus d’experts, mais aucune notice française ne le prévoit2,3,5.
  • C’est un usage hors autorisation, pour toutes les toxines4,5.
  • Pas de délai ni de durée officiels pour cette zone : à demander à votre médecin.

Questions fréquentes

  • Qu’est-ce que les « bunny lines » ?

    Ce sont de petites rides verticales et obliques sur les côtés du haut du nez, qui apparaissent quand on plisse le nez ou qu’on sourit franchement. Elles sont attribuées à la contraction du muscle nasal1. Le terme anglais, « rides de lapin », vient de ce plissement.

  • Le traitement des rides du nez par toxine botulique est-il autorisé en France ?

    Non. Aucune notice française de toxine botulique ne prévoit cette zone : les toxines de type A autorisées en esthétique visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front5,6, et la toxine courte durée ne vise que la ride du lion4. Le traitement est décrit par des consensus d’experts2,3, mais c’est un usage hors autorisation.

  • Combien de temps dure l’effet sur les rides du nez ?

    Nous n’avons trouvé aucune donnée officielle sur la durée de l’effet propre à cette zone : les notices ne la traitent pas, et les consensus d’experts consultés ne donnent pas de chiffre dans leur résumé2,3. C’est une question à poser directement à votre médecin, qui peut vous indiquer ce qu’il observe dans sa pratique.

Sources

  1. 1.Ahn H. et al., origine anatomique des rides du nez (bunny lines) : dissection et échographie, Clinical Anatomy, 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Clinical Anatomy
  2. 2.Carruthers J. et al., consensus d’experts sur la toxine botulique en esthétique faciale, Plastic and Reconstructive Surgery, 2004 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Plastic and Reconstructive Surgery
  3. 3.Ascher B. et al., recommandations de consensus international sur la toxine botulique de type A en esthétique, partie II : milieu et bas du visage, cou et décolleté, Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2010 (groupe d’experts constitué autour du produit d’un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology
  4. 4.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  5. 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  6. 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
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