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Botox pattes d’oie : pourquoi, comment et avec quelle toxine ?

Les pattes d’oie sont les rides en éventail au coin de l’œil, qui se marquent quand on sourit. Plusieurs toxines botuliques de type A sont autorisées en France pour les atténuer temporairement ; la toxine courte durée ne l’est pas pour cette zone. Voici le muscle en cause, les délais, les risques et les questions à poser.

Les pattes d’oie font partie des onze zones de notre atlas de la toxine botulique par zone. C’est, avec la ride du lion et le front, l’une des trois zones pour lesquelles des toxines de type A ont une indication esthétique en France. Cette fiche explique comment elles sont traitées, avec quelles toxines, et avec quels risques. Elle ne remplace pas une consultation.

Pourquoi traite-t-on les pattes d’oie ?

Les pattes d’oie sont des rides fines disposées en éventail au coin externe de l’œil. Les notices les appellent « rides canthales latérales » ou « rides latérales périorbitaires »1,3. Elles se marquent quand on sourit, parce que le muscle orbiculaire de l’œil, un anneau musculaire qui entoure l’œil et sert à le fermer, plisse la peau du coin de l’œil.

La toxine botulique relâche temporairement la partie externe de ce muscle. Le plissement est moins marqué au sourire, et les rides se creusent moins. Les notices décrivent une injection en quelques points de chaque côté, dans le muscle, juste sous la peau, pour limiter la diffusion de la toxine3.

Ce que la toxine ne fait pas : elle ne corrige pas les poches sous les yeux, ni les cernes, ni les rides fines liées à la qualité de la peau qui restent visibles sans aucun mouvement. Elle ne doit pas non plus atteindre la paupière : la fiche sur les injections près des paupières explique pourquoi cette zone voisine est protégée.

Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?

Les notices visent des pattes d’oie modérées à sévères observées lors d’un sourire forcé, lorsque leur sévérité entraîne un retentissement psychologique important, chez l’adulte1,2,3,4. Les pattes d’oie peuvent être traitées seules ou en même temps que la ride du lion ou le front ; les notices décrivent ces traitements simultanés1.

Les notices contre-indiquent l’injection en cas d’allergie à la toxine ou à un composant du produit, de maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), ou d’infection au point d’injection1,2,3. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement1.

Quelle toxine pour les pattes d’oie ?

Statut d’autorisation en France : Yeux (pattes d'oie)
ToxineStatut en France
Toxine botulique de longue durée (type A)Autorisée en esthétique pour cette zone (RCP en vigueur en France)
Toxine botulique de courte durée (sérotype E)Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin

Selon le produit : toutes les toxines de type A autorisées en esthétique ne couvrent pas cette zone.

Plusieurs toxines de type A sont autorisées pour cette zone en France, mais pas toutes : certaines ne couvrent que la ride du lion1,2,3,4. Le médecin choisit le produit en tenant compte de ces indications et de votre âge, car plusieurs d’entre elles ne sont indiquées qu’avant 65 ans2,3,4.

La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion : les pattes d’oie ne font pas partie de son autorisation de mise sur le marché5. Son utilisation sur cette zone serait hors autorisation et n’a pas été évaluée dans ses essais5.

Statut au 9 octobre 2026 : pour les pattes d’oie, seules certaines toxines de type A ont l’indication dans leur notice française ; la toxine courte durée n’est autorisée que pour la ride du lion1,4,5.

Est-ce indiqué pour moi ?

Votre médecin observera vos rides au repos et au sourire, la qualité de votre peau, la position de vos paupières et de vos pommettes. Il tiendra compte de vos antécédents, en particulier d’une sécheresse oculaire ou d’une chirurgie des paupières, de vos traitements et d’un éventuel projet de grossesse.

L’âge compte : plusieurs toxines autorisées pour cette zone ne sont indiquées que chez l’adulte de moins de 65 ans2,3,4, et les données sont limitées après 65 ans pour une autre1.

Questions à poser au médecin : faut-il traiter aussi la ride du lion ou le front ? Mon sourire risque-t-il d’être modifié ? J’ai les yeux secs : est-ce un problème ? Combien de temps l’effet devrait-il durer ?

Délais et durée

Pour les toxines de type A autorisées sur les pattes d’oie, l’amélioration apparaît dans les premiers jours (dans les 6 jours selon une notice), l’effet maximal est observé vers le 30e jour, et l’effet dure jusqu’à 4 mois environ1,3, avec une durée médiane de 4 mois selon une notice1. Pour une des toxines autorisées, l’effet a été démontré pendant 6 mois4. Les séances sont espacées d’au moins 3 mois1,3.

Pour comprendre ces différentes étapes, voyez la page combien de temps la toxine botulique met à agir.

Quels risques sur cette zone ?

Pour les pattes d’oie, les notices décrivent des petits bleus au point d’injection, un gonflement de la paupière, une sécheresse de l’œil, des maux de tête, et aussi une chute de la paupière ou une faiblesse passagère d’un muscle du visage proche des points d’injection, classées comme fréquentes dans l’une d’elles1,2,3. Une notice demande d’éviter d’injecter trop près du muscle grand zygomatique pour prévenir une chute de la lèvre, qui modifierait le sourire3. Ces effets sont temporaires.

La zone voisine du front a ses propres risques, présentés dans la fiche sur les rides du front ; celle du nez, juste en dedans, dans la fiche sur les rides du nez ou « bunny lines ».

Une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement1,3. Un trouble de la vue doit aussi faire consulter rapidement. Si un effet inattendu survient, comme des yeux secs ou un sourire modifié, la page yeux et pattes d’oie après une injection aide à le reconnaître.

À retenir

  • Les pattes d’oie sont dues à la partie externe du muscle orbiculaire de l’œil1,3.
  • Plusieurs toxines de type A, pas toutes, ont cette indication en France ; la toxine courte durée ne l’a pas1,4,5.
  • Effet maximal vers le 30e jour, durée jusqu’à 4 mois environ, séances espacées d’au moins 3 mois1,3.
  • Risques propres à la zone : bleus, paupière gonflée, yeux secs, chute de la paupière, sourire modifié si la toxine atteint un muscle voisin1,2,3.

Questions fréquentes

  • Quelle toxine botulique est autorisée pour les pattes d’oie ?

    En France, plusieurs toxines de type A ont l’indication « pattes d’oie » (rides canthales latérales) dans leur notice, mais pas toutes1,2,3,4. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion : les pattes d’oie ne font pas partie de son autorisation5. Le produit est choisi par le médecin, qui connaît ces indications.

  • Combien de temps dure l’effet sur les pattes d’oie ?

    Selon les notices des toxines de type A autorisées pour cette zone, l’amélioration apparaît dans les premiers jours, l’effet maximal est observé vers le 30e jour et l’effet dure jusqu’à 4 mois environ1,3 ; pour une des toxines, il a été démontré pendant 6 mois4. Les séances sont espacées d’au moins 3 mois1,3. L’effet est temporaire.

  • Le sourire peut-il être modifié après une injection des pattes d’oie ?

    C’est un risque décrit, que les précautions d’injection visent à limiter. Une notice demande d’éviter d’injecter trop près du muscle grand zygomatique, qui relève le coin de la bouche, pour prévenir une chute de la lèvre3. Si votre sourire vous paraît modifié après une injection, parlez-en au médecin qui l’a réalisée. Une gêne pour manger ou parler doit faire consulter.

Sources

  1. 1.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  4. 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 65066375) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  5. 5.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
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