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Lèvres asymétriques après Botox : pourquoi, durée, que faire

Des lèvres qui ne bougent plus de la même façon des deux côtés après une injection de toxine botulique sont l’effet indésirable le plus souvent décrit dans le bas du visage. Il est temporaire et disparaît en général spontanément. Voici pourquoi il survient, combien de temps il dure et quand consulter.

Une lèvre qui se relève moins d’un côté, un coin de la bouche qui tombe, une lèvre inférieure qui ne descend plus de la même façon quand on parle : après une injection de toxine botulique autour de la bouche, les deux côtés ne bougent pas toujours de manière identique. C’est l’un des problèmes des lèvres après une injection les plus fréquents. L’asymétrie est surtout visible en mouvement, quand on parle ou qu’on sourit, et moins au repos. Elle est temporaire : la plupart du temps, elle disparaît d’elle-même quand l’effet de la toxine s’estompe.

Pourquoi les lèvres deviennent-elles asymétriques ?

Les lèvres sont animées par de nombreux petits muscles : l’orbiculaire, qui fait le tour de la bouche, des muscles qui relèvent la lèvre supérieure et le coin de la bouche, et d’autres qui abaissent la lèvre inférieure. Il suffit que la toxine agisse un peu plus d’un côté, ou atteigne un muscle voisin qui n’était pas visé, pour que l’équilibre change.

Les sources décrivent plusieurs situations :

  • injections autour de la bouche (rides péribuccales, « lip flip ») : dans une étude portant notamment sur les rides autour de la bouche, des asymétries des lèvres et une faiblesse excessive autour de la bouche ont été rapportées, cette dernière liée à la dose4 ;
  • injections du menton ou du coin de la bouche : selon un consensus d’experts, une injection trop latérale ou une diffusion vers le muscle qui abaisse la lèvre inférieure peut rendre la lèvre asymétrique ou tombante2 ;
  • injections des pattes d’oie : une notice de toxine de type A recommande d’éviter le voisinage du muscle grand zygomatique, qui relève le coin de la bouche, pour prévenir une chute de la lèvre3 ;
  • injections du nez : une diffusion vers les muscles qui relèvent la lèvre supérieure peut entraîner une asymétrie ou une lèvre supérieure qui tombe5.

Dans ces situations, le mécanisme décrit est le même : un effet trop marqué du produit sur le muscle visé ou une diffusion vers un muscle voisin2,5. À noter : en dehors des rides du lion, des pattes d’oie et du front selon le produit, les notices françaises ne prévoient aucune indication esthétique ; les injections des lèvres sont hors autorisation9.

Combien de temps après l’injection apparaît-elle ?

Elle apparaît quand l’effet de la toxine s’installe, en général dans les premiers jours9. La notice américaine d’une toxine de type A indique que les effets indésirables surviennent en général au cours de la première semaine8. Aucune source ne donne de délai propre aux lèvres.

Combien de temps dure-t-elle ?

Elle dure au plus le temps de l’effet de la toxine dans le muscle concerné. Dans la revue de 35 études, toutes les asymétries des lèvres ont disparu spontanément1. Après un « lip flip », les gênes décrites ont disparu en quelques semaines6. Les notices ne donnent pas de durée pour les lèvres ; pour les zones autorisées, l’effet d’une toxine de type A est démontré jusqu’à 4 mois9. Le détail se trouve sur la page combien de temps dure l’effet de la toxine botulique.

Est-ce réversible ?

Oui. L’asymétrie disparaît quand le muscle trop relâché retrouve sa force, à mesure que l’effet de la toxine s’estompe. Dans la revue de 35 études citée plus haut, aucune n’a persisté1.

Existe-t-il un traitement ?

Le plus souvent, on attend. Quand l’asymétrie est gênante, une correction peut être envisagée : un consensus d’experts décrit une petite injection dans le muscle correspondant du côté opposé, pour rééquilibrer les deux côtés2, et un cas clinique publié rapporte une asymétrie corrigée de cette façon en deux semaines7. Ce niveau de preuve reste faible : un cas isolé, sans essai comparatif7. La décision appartient au médecin, après examen. Aucun massage, aucune crème et aucun exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées.

Que faut-il éviter ?

  • Ne demandez pas une injection de correction trop tôt, avant que l’effet de la toxine soit complètement installé : l’asymétrie peut encore évoluer.
  • N’accumulez pas les injections : l’effet de toxines différentes administrées à quelques mois d’intervalle n’est pas connu, et la faiblesse peut être aggravée par une autre toxine injectée avant la fin de l’effet de la précédente8.
  • Ne forcez pas certains mouvements pour « rééquilibrer » : aucune source ne montre que des exercices accélèrent la récupération.

Quand demander un avis médical ?

Parlez-en au médecin qui a fait l’injection si l’asymétrie vous gêne, si vous avez du mal à fermer la bouche, à manger ou à boire, ou si elle ne s’améliore pas. Des photos prises au repos et en souriant, datées, l’aideront à suivre l’évolution. Une difficulté à avaler, une voix modifiée ou une gêne respiratoire sont en revanche des signes d’alerte qui imposent d’appeler le 15.

Si l’asymétrie fait suite à un « lip flip », la fiche lip flip raté détaille les gênes propres à cette technique. Si c’est surtout le sourire qui part de travers, voyez la fiche sur le sourire asymétrique après une injection.

À retenir

  • L’asymétrie des lèvres est l’effet indésirable le plus souvent décrit dans le bas du visage1.
  • Elle vient d’un effet trop marqué ou d’une diffusion de la toxine vers un muscle voisin2,5.
  • Dans une revue de 35 études, toutes ont disparu spontanément1.
  • Une correction du côté opposé est possible dans certains cas, à décider en consultation2.

Questions fréquentes

  • Une asymétrie des lèvres après une injection est-elle fréquente ?

    C’est l’effet indésirable le plus souvent rapporté dans le bas du visage. Une revue de 35 études cliniques a relevé des asymétries et déséquilibres des lèvres chez 6,9 % des personnes traitées dans le bas du visage, contre 2,5 % de paupières tombantes dans le haut du visage1. Tous ces effets ont disparu spontanément1. Ces chiffres viennent d’études aux protocoles différents et ne prédisent pas votre risque personnel.

Sources

  1. 1.Cavallini M. et al., sécurité de la toxine botulique de type A en esthétique : revue systématique des études cliniques, Dermatologic Surgery, 2014 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
  2. 2.Fundarò S. et al., consensus italien et revue de la littérature sur le traitement des muscles du bas du visage par toxine botulique de type A, Toxins, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
  3. 3.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  4. 4.Galadari H. et al., toxine botulique de type A dans le milieu et le bas du visage et le cou : revue systématique, Toxins, 2021 (revue soutenue par un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
  5. 5.Modarresi Z.S. et al., toxine botulique et esthétique du nez : revue systématique, Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery, 2024 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery
  6. 6.Pitchford C.A. et al., le « lip flip » par toxine botulique : revue systématique, Archives of Dermatological Research, 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Archives of Dermatological Research
  7. 7.Bilal M.R. et al., correction d’une asymétrie du visage après toxine botulique par injection du côté opposé : cas clinique, Aesthetic Surgery Journal Open Forum, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Aesthetic Surgery Journal Open Forum
  8. 8.Notice américaine approuvée par la FDA d’une toxine botulique de type A à usage esthétique (prescribing information, révision 10/2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant), notice approuvée par la FDA
  9. 9.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
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