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Lip flip raté : pourquoi, combien de temps, que faire

Après un « lip flip », une injection de toxine botulique dans la lèvre supérieure, certaines personnes ont du mal à boire à la paille, à siffler ou trouvent leur lèvre engourdie ou asymétrique. Ces gênes sont décrites, légères et temporaires. Voici pourquoi elles surviennent, combien de temps elles durent et quand consulter.

Le « lip flip » consiste à injecter de très petites quantités de toxine botulique le long du bord de la lèvre supérieure, dans le muscle qui entoure la bouche, pour qu’elle se retrousse légèrement et paraisse un peu plus visible1. Quand le résultat ne correspond pas à ce qui était attendu ou qu’une gêne apparaît, on parle volontiers de « lip flip raté ». C’est l’un des problèmes des lèvres après une injection décrits dans les études. Les gênes décrites sont légères et temporaires. Cette fiche répond aux sept questions que l’on se pose le plus souvent.

Pourquoi un lip flip peut-il mal tourner ?

Le muscle orbiculaire de la bouche fait le tour des lèvres. C’est lui qui les ferme, les pince et les avance quand on boit, qu’on siffle, qu’on embrasse ou qu’on prononce certains sons. Le lip flip en relâche volontairement une partie. Selon la dose et l’endroit, trois situations peuvent être vécues comme un échec :

  • une lèvre trop relâchée : difficulté à boire à la paille, à siffler, à souffler, sensation de lèvre engourdie. Ce sont les effets indésirables rapportés dans les études publiées1,2. Dans un essai sur les rides autour de la bouche, les effets indésirables étaient plus fréquents avec la dose la plus élevée3, et une revue relève une faiblesse excessive autour de la bouche liée à la dose4 ;
  • une lèvre asymétrique : un côté se retrousse plus que l’autre. Dans le bas du visage, les asymétries des lèvres sont l’effet indésirable le plus souvent décrit5 ;
  • un résultat jugé insuffisant : le lip flip ne donne pas de volume. Dans une étude prospective, la lèvre supérieure gagnait un peu de hauteur, sans aucun changement de volume2.

Le lip flip n’est pas une indication des notices françaises, qui ne prévoient en esthétique que les rides du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front6 : c’est une pratique hors autorisation, encore peu étudiée. Une revue systématique n’a retenu que sept études décrivant la technique1.

Combien de temps après l’injection apparaît la gêne ?

Elle apparaît quand l’effet de la toxine s’installe. Les effets indésirables de la toxine botulique surviennent en général au cours de la première semaine7. Dans l’étude prospective citée, le changement de forme de la lèvre était mesuré au 15e jour2. Aucune source ne donne de délai d’apparition propre aux gênes du lip flip.

Combien de temps dure-t-elle ?

Les gênes décrites sont courtes. Selon la revue des études publiées, la difficulté à siffler ou à boire à la paille disparaît en quelques semaines1. Dans l’étude prospective, tous les effets indésirables, engourdissement et limitation fonctionnelle compris, ont disparu spontanément en moins de 30 jours2. L’effet esthétique de la toxine sur la lèvre, lui, peut durer plus longtemps : dans l’essai sur les rides autour de la bouche, il persistait jusqu’à la 16e semaine avec la dose la plus faible3. La page combien de temps dure l’effet de la toxine botulique explique de quoi dépend cette durée.

Est-ce réversible ?

Oui. L’effet de la toxine sur le muscle est temporaire : la transmission entre le nerf et le muscle se rétablit progressivement8. La lèvre retrouve sa force et sa forme d’avant à mesure que l’effet s’estompe.

Existe-t-il un traitement ?

Aucun produit n’annule l’effet de la toxine : la gêne se résout d’elle-même, en général en quelques semaines1,2. Une asymétrie marquée peut parfois être discutée avec le médecin, qui jugera après examen s’il vaut mieux attendre. Aucun massage ni exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées.

Que faut-il éviter ?

  • Ne demandez pas de nouvelle injection pour « compenser » avant la fin de l’effet : la faiblesse peut être aggravée par une autre toxine injectée avant la disparition de l’effet de la précédente7.
  • N’ajoutez pas d’autres produits dans la lèvre dans l’urgence pour masquer le résultat ; attendez d’en parler en consultation.
  • Évitez la paille et les boissons très chaudes si la lèvre est engourdie et que vous la contrôlez mal.

Quand demander un avis médical ?

Parlez-en au médecin qui a fait l’injection si vous avez du mal à garder les liquides en bouche, à articuler, ou si la gêne ne s’améliore pas après quelques semaines. Une difficulté à avaler, une voix modifiée ou une gêne respiratoire ne relèvent pas du lip flip : ce sont des signes d’alerte qui imposent d’appeler le 15.

Une lèvre qui reste de travers est détaillée dans la fiche lèvres asymétriques après une injection. Si l’injection visait plutôt à moins montrer la gencive, voyez la fiche sourire gingival trop corrigé.

À retenir

  • Le lip flip relâche une partie du muscle qui entoure la bouche ; il ne donne pas de volume2.
  • Les gênes décrites sont la difficulté à boire à la paille ou à siffler, et l’engourdissement1,2.
  • Elles sont légères et disparaissent en quelques semaines1,2.
  • Le lip flip est une pratique hors autorisation, encore peu étudiée : parlez-en avec votre médecin1,6.

Questions fréquentes

  • Le lip flip donne-t-il du volume aux lèvres ?

    Non. Le lip flip ne remplit pas la lèvre : il relâche une partie du muscle qui l’entoure pour qu’elle se retrousse légèrement. Dans une étude par imagerie en trois dimensions, la hauteur de la lèvre supérieure augmentait modestement au 15e jour, sans aucun changement de volume2. Un résultat jugé décevant peut donc tenir à une attente différente de ce que la technique produit, plutôt qu’à une erreur d’injection.

  • Pourquoi n’arrive-t-on plus à boire à la paille après un lip flip ?

    Parce que la toxine relâche une partie du muscle orbiculaire, celui qui ferme et pince les lèvres. Boire à la paille, siffler ou souffler demandent justement de serrer les lèvres. Une revue des études publiées décrit ces gênes comme légères et passagères, avec une disparition en quelques semaines1. Si boire entraîne des fuites importantes ou des fausses routes, parlez-en à votre médecin.

Sources

  1. 1.Pitchford C.A. et al., le « lip flip » par toxine botulique : revue systématique, Archives of Dermatological Research, 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Archives of Dermatological Research
  2. 2.Germani M. et al., résultats cliniques et mécanisme du « lip flip » : étude prospective, Aesthetic Plastic Surgery, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Aesthetic Plastic Surgery
  3. 3.Cohen J.L. et al., étude de deux doses d’une toxine botulique de type A dans les rides péribuccales, Dermatologic Surgery, 2012 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
  4. 4.Galadari H. et al., toxine botulique de type A dans le milieu et le bas du visage et le cou : revue systématique, Toxins, 2021 (revue soutenue par un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
  5. 5.Cavallini M. et al., sécurité de la toxine botulique de type A en esthétique : revue systématique des études cliniques, Dermatologic Surgery, 2014 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
  6. 6.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  7. 7.Notice américaine approuvée par la FDA d’une toxine botulique de type A à usage esthétique (prescribing information, révision 10/2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant), notice approuvée par la FDA
  8. 8.de Paiva A. et al., récupération de la jonction neuromusculaire après toxine botulique, PNAS, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
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