Gummy smile Botox trop corrigé : pourquoi, combien de temps, que faire
Après une injection de toxine botulique destinée à moins montrer la gencive, la lèvre supérieure peut trop descendre : le sourire paraît plus plat, moins ample ou asymétrique. Cet effet est connu et temporaire. Voici pourquoi il survient, combien de temps il dure, ce qui peut aider et quand consulter.
Le sourire gingival, souvent appelé « gummy smile », désigne un sourire qui découvre largement la gencive au-dessus des dents. Quand il est dû à des muscles qui relèvent trop la lèvre supérieure, la toxine botulique peut les détendre pour que la lèvre remonte moins1. Si la correction est trop forte, la lèvre descend trop : le sourire paraît plat, moins expressif, parfois de travers. C’est l’un des problèmes du sourire après une injection. L’effet est gênant, mais il est temporaire et s’atténue au fil des semaines.
Pourquoi le sourire gingival peut-il être trop corrigé ?
Plusieurs petits muscles relèvent la lèvre supérieure quand on sourit : le releveur de la lèvre supérieure, le releveur de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, et le petit zygomatique. Ce sont eux que l’on traite dans le sourire gingival2. S’ils sont trop relâchés, la lèvre ne remonte plus assez : elle couvre davantage les dents, et le sourire perd de son amplitude.
Plusieurs facteurs peuvent y contribuer :
- l’origine du sourire gingival : il peut être lié au squelette, à la gencive ou aux muscles, et la toxine n’agit que sur la composante musculaire7. Une méta-analyse souligne qu’il faut évaluer la longueur de la lèvre avant le traitement pour éviter des complications2 ;
- la dose et le point d’injection : une revue sur l’esthétique du nez signale que l’injection du releveur de la lèvre et de l’aile du nez peut allonger la lèvre supérieure5 ;
- une asymétrie : les deux côtés ne répondent pas toujours de la même façon. Le sourire asymétrique fait partie des complications rapportées, comme la douleur au point d’injection, l’œdème ou le bleu2. Dans une série de 16 patients, un sourire asymétrique et une difficulté à sourire ont été observés chacun une fois4.
Le traitement du sourire gingival n’est pas une indication des notices françaises, qui ne prévoient en esthétique que les rides du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front8 : c’est une pratique hors autorisation.
Combien de temps après l’injection apparaît-il ?
Il apparaît quand l’effet de la toxine s’installe, en général au cours de la première semaine9. Selon une méta-analyse de 17 études, la réduction de la gencive exposée est nette dès la 2e semaine3 : c’est souvent à ce moment que l’on juge si la correction est trop forte.
Combien de temps dure-t-il ?
Il suit l’effet de la toxine. Dans la méta-analyse citée, l’effet se maintient au moins 12 semaines puis revient près de l’état de départ vers la 24e semaine3. Dans une étude pilote de cinq patients, l’amélioration durait de 3 à 6 mois1. Une correction excessive s’atténue progressivement pendant cette période, au rythme de l’effet du produit. La page combien de temps dure l’effet de la toxine botulique explique de quoi dépend la durée d’action.
Est-ce réversible ?
Oui. La lèvre retrouve progressivement sa mobilité quand les muscles traités récupèrent leur force, et le sourire revient près de son état d’avant le traitement3. La méta-analyse sur le sourire gingival observe ce retour progressif vers les valeurs de départ dans les études incluses3.
Existe-t-il un traitement ?
Aucun produit n’annule l’effet de la toxine : une lèvre trop basse se corrige avec le temps. Lorsqu’il s’agit d’une asymétrie, une petite injection complémentaire peut parfois rééquilibrer le sourire : dans une série de 16 patients, deux effets indésirables légers ont été corrigés par des doses supplémentaires6. Ce niveau de preuve est faible et la décision revient au médecin, après examen. Aucun massage ni exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées.
Que faut-il éviter ?
- Ne demandez pas d’injection supplémentaire pour « relever » la lèvre : ajouter de la toxine relâche davantage les muscles, et la faiblesse peut être aggravée par une autre toxine injectée avant la fin de l’effet de la précédente9.
- Ne jugez pas le résultat trop tôt ni trop tard : l’effet évolue pendant les premières semaines3.
- Ne cherchez pas à compenser par un produit de comblement des lèvres sans avis médical.
Quand demander un avis médical ?
Parlez-en au médecin qui a fait l’injection si le sourire vous gêne, si vous avez du mal à fermer la bouche, à manger ou à articuler, ou si la gêne ne s’améliore pas. Des photos datées, au repos et en souriant, aideront à suivre l’évolution. Une difficulté à avaler, une voix modifiée ou une gêne respiratoire sont des signes d’alerte qui imposent d’appeler le 15.
Si le sourire paraît surtout différent ou moins naturel, voyez la fiche sur le sourire changé après une injection. Si l’injection portait sur le bord de la lèvre, la fiche lip flip raté vous concerne davantage.
À retenir
- La correction trop forte vient d’un relâchement excessif des muscles qui relèvent la lèvre supérieure2.
- Le sourire peut paraître plat, moins ample ou asymétrique2,4.
- L’effet est temporaire : il revient près de l’état de départ vers la 24e semaine selon une méta-analyse3.
- Le traitement du sourire gingival est hors autorisation en France : parlez-en avec votre médecin8.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une correction trop forte du sourire gingival ?
Elle s’atténue à mesure que l’effet de la toxine diminue. Selon une méta-analyse de 17 études, l’effet sur la gencive exposée est maximal vers la 2e semaine, se maintient au moins 12 semaines, puis revient près de l’état de départ vers la 24e semaine3. Une correction trop marquée suit la même évolution et finit par s’estomper. Votre médecin peut vous aider à patienter et vérifier que tout évolue normalement.
Sources
- 1.Polo M., toxine botulique et sourire gingival : étude pilote, American Journal of Orthodontics and Dentofacial Orthopedics, 2005 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — American Journal of Orthodontics and Dentofacial Orthopedics
- 2.Rojo-Sanchis C. et al., toxine botulique de type A et sourire gingival : revue systématique et méta-analyse, Journal of Clinical Medicine, 2023 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Clinical Medicine (MDPI)
- 3.Zengiski A.C.S. et al., effet et durée de la toxine botulique dans le sourire gingival : méta-analyse, Clinical Oral Investigations, 2022 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Clinical Oral Investigations
- 4.Galadari H. et al., toxine botulique de type A dans le milieu et le bas du visage et le cou : revue systématique, Toxins, 2021 (revue soutenue par un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
- 5.Modarresi Z.S. et al., toxine botulique et esthétique du nez : revue systématique, Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery, 2024 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery
- 6.Mazzuco R., Hexsel D., toxine botulique et sourire gingival selon la zone de gencive exposée, Journal of the American Academy of Dermatology, 2010 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of the American Academy of Dermatology
- 7.Sundaram H. et al., consensus mondial sur l’usage esthétique de la toxine botulique de type A, complications comprises, Plastic and Reconstructive Surgery, 2016 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Plastic and Reconstructive Surgery
- 8.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 9.Notice américaine approuvée par la FDA d’une toxine botulique de type A à usage esthétique (prescribing information, révision 10/2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant), notice approuvée par la FDA