Bunny lines Botox effet excessif : pourquoi, durée, que faire
Après une injection de toxine botulique contre les rides du haut du nez, la lèvre supérieure peut paraître plus basse ou le sourire changer si le produit gagne un muscle voisin. Cet effet excessif est temporaire. Voici pourquoi il survient, combien de temps il dure, ce qui peut aider et quand consulter.
Les « bunny lines » sont les petites rides obliques qui apparaissent sur le haut du nez quand on le fronce, qu’on rit ou qu’on plisse les yeux. On peut les atténuer avec de petites injections de toxine botulique. Parfois, l’effet déborde de sa cible : la lèvre supérieure se relève moins, le sourire paraît différent, ou l’on a la sensation que le milieu du visage est « figé ». C’est l’un des problèmes du nez après une injection. Ce débordement est gênant mais temporaire. Voici les réponses aux sept questions que l’on se pose le plus souvent.
Pourquoi l’effet peut-il être excessif ?
Les rides du haut du nez sont dues surtout au muscle nasal, qui plisse la peau quand on fronce le nez2. Mais un consensus mondial sur la toxine botulique souligne qu’un muscle voisin, le releveur de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, y joue souvent un rôle majeur1. Une étude anatomique a montré que, sous ces rides, se trouve une petite zone sans muscle, bordée par quatre muscles différents : le procerus entre les sourcils, le muscle nasal, le muscle qui ferme l’œil et ce releveur de la lèvre2. La zone est donc étroite et encombrée.
Deux situations peuvent donner une impression d’effet excessif :
- la toxine atteint le releveur de la lèvre : une revue sur l’esthétique du nez décrit, en cas de diffusion vers les muscles qui relèvent la lèvre supérieure, une asymétrie, un aplatissement du creux situé entre le nez et la lèvre et une lèvre supérieure qui tombe3. Elle signale aussi que l’injection de ce releveur peut allonger la lèvre supérieure3 ;
- un effet plus marqué que prévu : la toxine relâche davantage que souhaité les muscles visés. Aucune étude ne chiffre ce risque pour le nez ; pour le bas du visage, une revue de 35 études relève des asymétries et déséquilibres des lèvres4.
Le traitement des rides du nez n’est pas une indication des notices françaises, qui ne prévoient en esthétique que les rides du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et le front5 : c’est une pratique hors autorisation.
Combien de temps après l’injection apparaît-il ?
Il apparaît quand l’effet de la toxine s’installe. Les effets indésirables s’observent en général dans les premiers jours qui suivent l’injection5, au cours de la première semaine selon la notice américaine d’une toxine de type A6. Aucune source ne donne de délai propre au nez.
Combien de temps dure-t-il ?
Il dure au plus le temps de l’effet de la toxine sur le muscle atteint. Les notices ne donnent pas de durée pour le nez, qui ne fait pas partie des indications autorisées ; pour les zones autorisées, l’effet d’une toxine de type A est démontré jusqu’à 4 mois5. Dans les études sur les injections du nez réunies par une revue systématique, les effets duraient de 2 à 5 mois pour la pointe du nez et de 3 à 4 mois pour les ailes du nez3. Le détail figure sur la page combien de temps dure l’effet de la toxine botulique.
Est-ce réversible ?
Oui. L’effet de la toxine est temporaire : la transmission entre le nerf et le muscle se rétablit progressivement, d’abord par de petites ramifications nerveuses, puis par le retour à la terminaison d’origine7. Dans la revue de 35 études, les déséquilibres des lèvres liés aux traitements ont tous disparu spontanément4.
Existe-t-il un traitement ?
Aucun produit n’annule l’effet de la toxine : il faut le plus souvent attendre que la lèvre retrouve sa mobilité. Si une asymétrie marquée s’installe, le médecin peut discuter d’un ajustement, mais aucune étude n’a évalué de correction propre à cette situation. Aucun massage ni exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées.
Que faut-il éviter ?
- Ne demandez pas une nouvelle injection pour « remonter » la lèvre : ajouter de la toxine dans la région relâche davantage les muscles, et la faiblesse peut être aggravée par une autre toxine injectée avant la fin de l’effet de la précédente6.
- Ne massez pas la zone dans les heures qui suivent l’injection pour « répartir » le produit.
- Ne jugez pas le résultat avant que l’effet soit complètement installé.
Quand demander un avis médical ?
Parlez-en au médecin qui a fait l’injection si la lèvre supérieure vous gêne pour manger, boire ou parler, si l’asymétrie est marquée, ou si elle ne s’améliore pas. Notez la date de l’injection et le jour d’apparition de la gêne ; des photos datées aideront à suivre l’évolution. Une difficulté à avaler, une voix modifiée, une gêne respiratoire ou un trouble de la vue sont des signes d’alerte : appelez le 15.
Si c’est plutôt la pointe du nez qui vous paraît plus basse, voyez la fiche sur la pointe du nez tombante après une injection. Si la lèvre supérieure couvre davantage vos dents quand vous souriez, la fiche sourire gingival trop corrigé décrit un mécanisme proche. Dans une revue des études sur le milieu et le bas du visage, notamment sur les rides du nez, aucun effet indésirable grave n’a été rapporté8.
À retenir
- Les rides du haut du nez dépendent du muscle nasal et, souvent, d’un releveur de la lèvre voisin1,2.
- Si la toxine atteint ce releveur, la lèvre supérieure peut paraître plus basse ou asymétrique3.
- L’effet est temporaire et disparaît quand l’effet de la toxine s’estompe4,7.
- Le traitement des rides du nez est hors autorisation en France : parlez-en avec votre médecin5.
Questions fréquentes
Pourquoi la lèvre supérieure peut-elle tomber après une injection sur le nez ?
Parce qu’un muscle qui relève à la fois l’aile du nez et la lèvre supérieure longe le côté du nez, tout près des rides que l’on traite. Un consensus mondial reconnaît que ce muscle participe souvent aux rides obliques du nez1. Si la toxine l’atteint, la lèvre supérieure se relève moins : elle peut paraître plus basse ou asymétrique3. Cet effet est temporaire et disparaît quand l’effet de la toxine s’estompe.
Sources
- 1.Sundaram H. et al., consensus mondial sur l’usage esthétique de la toxine botulique de type A, complications comprises, Plastic and Reconstructive Surgery, 2016 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Plastic and Reconstructive Surgery
- 2.Ahn H. et al., anatomie des rides du haut du nez : dissection et échographie, Clinical Anatomy, 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Clinical Anatomy
- 3.Modarresi Z.S. et al., toxine botulique et esthétique du nez : revue systématique, Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery, 2024 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery
- 4.Cavallini M. et al., sécurité de la toxine botulique de type A en esthétique : revue systématique des études cliniques, Dermatologic Surgery, 2014 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
- 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 6.Notice américaine approuvée par la FDA d’une toxine botulique de type A à usage esthétique (prescribing information, révision 10/2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant), notice approuvée par la FDA
- 7.de Paiva A. et al., récupération de la jonction neuromusculaire après toxine botulique, PNAS, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
- 8.Galadari H. et al., toxine botulique de type A dans le milieu et le bas du visage et le cou : revue systématique, Toxins, 2021 (revue soutenue par un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)