Pointe du nez tombante Botox : pourquoi, durée, que faire
Une pointe du nez qui paraît plus basse après une injection de toxine botulique est une situation peu décrite : la toxine sert d’ordinaire à relever légèrement une pointe qui tombe quand on sourit. Cette fiche explique les mécanismes possibles, ce que disent les études, la durée de l’effet et quand consulter.
Vous avez l’impression que la pointe de votre nez est plus basse depuis une injection de toxine botulique, ou qu’elle descend davantage quand vous souriez ? Cette inquiétude fait partie des problèmes du nez après une injection que l’on peut rencontrer. Il faut savoir d’emblée que les études décrivent surtout l’inverse : la toxine sert parfois à relever légèrement une pointe du nez qui tombe en souriant. Une pointe qui paraît plus basse après une injection a donc plusieurs explications possibles, que cette fiche passe en revue, sans se substituer à l’examen de votre médecin.
Pourquoi la pointe du nez peut-elle paraître tombante ?
La position de la pointe du nez dépend en partie d’un petit muscle, l’abaisseur du septum nasal, situé à la base de la cloison. Quand il est très actif, il tire la pointe vers le bas, surtout au moment du sourire1. Une revue systématique des études sur la toxine botulique dans le nez rapporte qu’une injection profonde à la base de la cloison peut relever légèrement la pointe ; elle recommande de réserver ce geste aux pointes qui s’abaissent nettement lors du sourire1. Une autre revue confirme que relâcher ce muscle peut réduire la chute de la pointe2. Plusieurs experts d’un consensus mondial considèrent toutefois le relèvement de la pointe par la toxine comme un geste d’appoint, secondaire par rapport aux produits de comblement3.
À partir de ces données, trois situations peuvent expliquer l’impression d’une pointe tombante après une injection :
- la fin de l’effet : si la toxine avait été injectée pour relever la pointe, celle-ci retrouve sa position d’origine quand l’effet s’estompe ; dans les études, cet effet durait de 2 à 5 mois1 ;
- une modification de la lèvre supérieure : une diffusion de la toxine depuis la base de la cloison vers les muscles de la lèvre peut aplatir le creux situé entre le nez et la lèvre, rendre la lèvre asymétrique ou la faire tomber1, ce qui modifie l’équilibre du bas du nez ;
- un résultat moins net qu’espéré : la revue note que l’effet immédiat est discret et que la plupart des études n’avaient pas de groupe de comparaison1.
Aucune des sources consultées ne décrit une chute de la pointe directement causée par la toxine. Rappelons enfin que les injections du nez ne font pas partie des indications prévues par les notices françaises, limitées en esthétique aux rides du lion et, selon le produit, aux pattes d’oie et au front4 : c’est une pratique hors autorisation.
Combien de temps après l’injection apparaît-elle ?
Si elle est liée à l’effet de la toxine sur un muscle voisin, elle apparaît quand cet effet s’installe, en général au cours de la première semaine4,5. Si elle traduit la fin d’un effet de relèvement, elle se remarque plusieurs mois après l’injection1. Aucune source ne donne de délai propre à cette situation.
Combien de temps dure-t-elle ?
Un effet de la toxine sur un muscle voisin dure au plus le temps d’action du produit ; dans les études sur la pointe du nez, l’effet recherché durait de 2 à 5 mois1. Si l’impression vient du retour de la pointe à sa position d’origine, il ne s’agit pas d’un effet indésirable mais de l’état d’avant le traitement. La page combien de temps dure l’effet de la toxine botulique détaille de quoi dépend la durée d’action.
Est-ce réversible ?
Les effets de la toxine sont temporaires : la transmission entre le nerf et le muscle se rétablit progressivement6. Dans une revue de 35 études cliniques, les déséquilibres des lèvres liés aux traitements du bas du visage ont tous disparu spontanément7. Une pointe qui a retrouvé sa position d’origine, elle, ne « remontera » pas d’elle-même : c’est sa position naturelle.
Existe-t-il un traitement ?
Tout dépend de la cause, ce qui suppose un examen. Si la lèvre supérieure est en cause, il faut le plus souvent attendre la fin de l’effet. Si la pointe a simplement retrouvé sa position d’origine, la question d’un nouveau traitement relève d’une consultation, sans urgence. Aucun massage ni exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées.
Que faut-il éviter ?
- Ne demandez pas une nouvelle injection rapprochée sans examen : l’effet de toxines administrées à quelques mois d’intervalle n’est pas connu, et une faiblesse peut être aggravée par une toxine injectée avant la fin de l’effet de la précédente5.
- Ne jugez pas votre nez sur une seule photo ou un seul angle : comparez des photos datées, prises dans les mêmes conditions, au repos et en souriant.
- Ne manipulez pas la pointe du nez pour la « remettre en place ».
Quand demander un avis médical ?
Parlez-en au médecin qui a fait l’injection si le changement vous gêne, s’il s’accompagne d’une lèvre supérieure moins mobile, d’une gêne pour manger ou boire, ou s’il ne s’améliore pas. Apportez la date de l’injection, la zone traitée et des photos d’avant si vous en avez. Une difficulté à avaler, une voix modifiée, une gêne respiratoire ou un trouble de la vue sont des signes d’alerte : appelez le 15.
Si ce sont plutôt les rides du haut du nez qui ont été traitées, voyez la fiche bunny lines : effet excessif. Si la lèvre supérieure couvre davantage les dents quand vous souriez, la fiche sourire gingival trop corrigé décrit un mécanisme voisin.
À retenir
- La toxine sert d’ordinaire à relever légèrement une pointe du nez qui tombe en souriant1,2.
- Une pointe qui paraît plus basse peut traduire la fin de cet effet ou une modification de la lèvre supérieure1.
- Les effets de la toxine sont temporaires ; dans les études, l’effet sur la pointe durait de 2 à 5 mois1.
- Les injections du nez sont hors autorisation en France : parlez-en avec votre médecin4.
Questions fréquentes
Pourquoi la pointe du nez descend-elle quand on sourit ?
Parce qu’un petit muscle, l’abaisseur du septum nasal, situé à la base de la cloison du nez, tire la pointe vers le bas quand il se contracte. S’il est très actif, la pointe s’abaisse visiblement à chaque sourire1. C’est précisément cette pointe qui tombe en souriant que certaines injections cherchent à atténuer, en relâchant ce muscle1,2.
La toxine botulique peut-elle faire tomber la pointe du nez ?
Les études réunies par une revue systématique ne décrivent pas cet effet : elles décrivent au contraire une pointe légèrement relevée après injection du muscle qui l’abaisse1. Une impression de pointe plus basse peut venir de la fin de cet effet, d’une modification de la lèvre supérieure toute proche ou d’un résultat moins net qu’espéré. Seul un examen permet de faire la différence ; parlez-en à votre médecin.
Sources
- 1.Modarresi Z.S. et al., toxine botulique et esthétique du nez : revue systématique, Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery, 2024 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Indian Journal of Otolaryngology and Head & Neck Surgery
- 2.Kamrani P. et al., toxine botulique et appareils à énergie pour l’aspect du nez : revue, Facial Plastic Surgery & Aesthetic Medicine, 2025 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Facial Plastic Surgery & Aesthetic Medicine
- 3.Sundaram H. et al., consensus mondial sur l’usage esthétique de la toxine botulique de type A, complications comprises, Plastic and Reconstructive Surgery, 2016 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Plastic and Reconstructive Surgery
- 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 5.Notice américaine approuvée par la FDA d’une toxine botulique de type A à usage esthétique (prescribing information, révision 10/2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant), notice approuvée par la FDA
- 6.de Paiva A. et al., récupération de la jonction neuromusculaire après toxine botulique, PNAS, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
- 7.Cavallini M. et al., sécurité de la toxine botulique de type A en esthétique : revue systématique des études cliniques, Dermatologic Surgery, 2014 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery