Sourcils après Botox : problème de hauteur ou d’asymétrie
Après une injection de toxine botulique sur le front ou entre les sourcils, un sourcil peut se relever en queue, tomber, ou ne plus être à la même hauteur que l’autre. Ces effets sont décrits dans les notices et sont temporaires. Cette page les présente, indique quand consulter et renvoie vers une fiche détaillée pour chacun.
Les sourcils encadrent le regard : un léger changement de leur hauteur suffit à modifier l’expression du visage. On les injecte rarement pour eux-mêmes, mais ils réagissent aux injections faites juste au-dessus, sur le front, ou juste à côté, entre les sourcils. Cette page fait partie de notre atlas des problèmes après une injection de toxine botulique, organisé zone par zone.
Quels problèmes peuvent toucher les sourcils ?
Les problèmes des sourcils
Trois situations sont décrites. Le sourcil relevé en queue, souvent appelé « sourcil Spock », correspond à ce que les notices nomment l’effet Méphisto : une élévation de la partie externe du sourcil1,3. Le sourcil qui tombe, ou ptôse du sourcil, donne un regard plus lourd1,2. L’asymétrie des sourcils, enfin, laisse un sourcil plus haut que l’autre ; une asymétrie du visage est décrite parmi les effets peu fréquents d’une toxine de type A2.
Après un traitement du front associé à celui de la ride du lion, une notice classe la chute du sourcil et l’effet Méphisto parmi les effets fréquents1. Dans ces essais, la chute du sourcil est apparue en médiane 5 jours après le traitement1. Pour la toxine botulique de courte durée (sérotype E), autorisée pour la seule ride du lion, la notice rapporte une chute du sourcil chez 0,13 % des patients et un effet Méphisto chez 0,04 %3. Ces fréquences, issues d’essais différents, ne se comparent pas.
Chaque fiche détaille la cause, le délai d’apparition, la durée et ce qui peut aider. Certaines fiches sont aussi listées dans les zones du front et de la ride du lion, car l’injection en cause a pu être faite à ces endroits.
Quels signes doivent faire consulter rapidement ?
Un sourcil trop haut ou trop bas est gênant mais sans danger : il retrouve sa position quand l’effet de la toxine s’estompe. Consultez rapidement si le sourcil ou la paupière tombe au point de gêner la vision, ou si vous voyez trouble ou double1,2. Une gêne pour avaler, parler ou respirer impose d’appeler le 15 : ce sont les signes, rares, d’une diffusion de la toxine à distance3.
Pour le médecin, il est utile de noter la date de l’injection, les zones traitées et le jour où vous avez remarqué le changement.
Pourquoi injecte-t-on près des sourcils ?
Le sourcil est tiré vers le haut par le muscle du front et vers le bas par les muscles situés entre les sourcils et autour de l’œil. En relâchant certains muscles abaisseurs, on peut obtenir un léger relèvement : dans une petite étude de sept patientes, cinq ont eu un relèvement de 1 à 3 mm, d’environ 1 mm en moyenne4. Ce relèvement ne figure pas parmi les indications esthétiques des notices françaises, qui se limitent aux rides du lion, des pattes d’oie et du front selon les produits1,2 : c’est une pratique hors autorisation, à discuter avec le médecin. Pour savoir pourquoi et comment on peut relever un sourcil, consultez la fiche de cette zone dans l’atlas « pourquoi et comment ».
Si le changement de vos sourcils suit une injection du front, la page sur le front raté après une injection peut aussi vous concerner ; s’il suit une injection entre les sourcils, voyez la page consacrée aux suites d’une injection de la ride du lion.
À retenir
- Sourcil relevé en queue (effet Méphisto), sourcil tombant, asymétrie : des effets décrits et temporaires1,2.
- Dans les essais d’une toxine de type A, la chute du sourcil est apparue en médiane 5 jours après le traitement1.
- Le relèvement du sourcil par toxine botulique est une pratique hors autorisation en France1,2.
- Vision gênée : consultez rapidement ; gêne pour avaler, parler ou respirer : appelez le 15.
Questions fréquentes
Pourquoi un sourcil monte ou descend après une injection ?
La position du sourcil résulte d’un équilibre entre le muscle du front, qui le relève, et les muscles qui l’abaissent, autour des yeux et entre les sourcils. Si cet équilibre est modifié, le sourcil peut tomber, ou au contraire sa partie externe peut se relever : c’est l’effet Méphisto décrit dans les notices1,3. Dans les essais d’une toxine de type A, la chute du sourcil est apparue en médiane 5 jours après le traitement1.
Sources
- 1.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 3.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 4.Huilgol S.C. et al., relèvement du sourcil par toxine botulique, Dermatologic Surgery, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery