Sourire changé après Botox : pourquoi, combien de temps, que faire
Un sourire qui paraît moins naturel, moins ample ou « figé » après une injection de toxine botulique est un effet décrit lorsque la toxine atteint des muscles qui participent au sourire. Il est temporaire et s’estompe avec l’effet du produit. Voici les causes possibles, la durée et les signes qui doivent faire consulter.
Votre sourire est symétrique, mais il ne ressemble plus tout à fait au vôtre : il paraît moins large, moins spontané, un peu figé, ou la lèvre supérieure ne remonte plus comme avant. Après une injection de toxine botulique autour des yeux, de la bouche ou de la mâchoire, ce changement est possible. C’est l’un des problèmes du sourire après une injection. Il est temporaire : le sourire retrouve son aspect habituel quand l’effet de la toxine s’estompe. Cette fiche répond aux sept questions que l’on se pose le plus souvent.
Pourquoi le sourire change-t-il ?
Un sourire naturel résulte de l’action coordonnée de nombreux petits muscles : certains tirent le coin de la bouche vers le haut, d’autres soulèvent la lèvre supérieure, d’autres encore plissent les yeux ou abaissent la lèvre inférieure. Si la toxine relâche l’un d’eux des deux côtés, le sourire reste symétrique mais perd une partie de son mouvement.
Selon la zone injectée, les sources décrivent plusieurs mécanismes :
- autour des yeux : une notice de toxine de type A recommande d’éviter les injections trop proches du muscle grand zygomatique, qui relève le coin de la bouche, pour prévenir une chute de la lèvre1 ;
- au coin de la bouche : un consensus d’experts sur le bas du visage cite, parmi les complications du traitement du muscle abaisseur de l’angle de la bouche, un aplatissement de la lèvre et des expressions du visage jugées insatisfaisantes, ainsi qu’une difficulté à ouvrir grand la bouche2 ;
- à la mâchoire : dans une grande série de 383 personnes traitées au niveau des masséters, huit ont rapporté un sourire d’aspect peu naturel3 ;
- pour le sourire gingival : relâcher les muscles qui relèvent la lèvre supérieure modifie par définition la façon de sourire ; la longueur de la lèvre doit être évaluée avant le traitement pour éviter des complications8.
Ces modifications s’expliquent par un effet trop marqué du produit sur le muscle visé ou par une diffusion vers un muscle voisin2. Rappelons que, en dehors des rides du lion, des pattes d’oie et du front selon le produit, les notices françaises ne prévoient pas d’indication esthétique : les injections de la bouche et de la mâchoire sont hors autorisation5.
Combien de temps après l’injection apparaît-il ?
Il apparaît quand l’effet de la toxine s’installe : les effets indésirables s’observent en général dans les premiers jours5, au cours de la première semaine selon la notice américaine d’une toxine de type A6. Après une injection des masséters, l’effet de la toxine sur ce muscle s’installe plus lentement, sur 2 à 4 semaines dans une grande série3 : un changement du sourire peut donc être remarqué plus tard.
Combien de temps dure-t-il ?
Il dure au plus le temps de l’effet de la toxine sur le muscle concerné. Dans la revue de 35 études, les asymétries et déséquilibres des lèvres ont tous disparu spontanément4. Pour les pattes d’oie, l’effet d’une toxine de type A est démontré pendant une durée médiane de 4 mois5. Les notices ne donnent pas de durée pour la bouche et la mâchoire, qui ne sont pas des indications autorisées. La page combien de temps dure l’effet de la toxine botulique explique de quoi dépend cette durée.
Est-ce réversible ?
Oui. L’effet de la toxine sur les muscles est temporaire : la transmission entre le nerf et le muscle se rétablit progressivement, d’abord par de petites ramifications nerveuses, puis par le retour à la terminaison d’origine7. Le sourire retrouve son mouvement à mesure que l’effet s’estompe.
Existe-t-il un traitement ?
Aucun produit n’annule l’effet de la toxine : un sourire changé mais symétrique se corrige avec le temps. Ajouter de la toxine ailleurs pour « rééquilibrer » n’a de sens que lorsqu’il existe une asymétrie, et cela se décide en consultation. Aucun massage ni exercice n’a montré d’effet dans les sources consultées.
Que faut-il éviter ?
- Ne demandez pas de nouvelle injection pour retrouver votre sourire : la faiblesse musculaire peut être aggravée par une autre toxine injectée avant la fin de l’effet de la précédente6.
- Ne jugez pas le résultat définitif trop tôt : l’effet évolue pendant les premières semaines, plus longtemps encore après une injection des masséters3.
- Ne cherchez pas à compenser par d’autres produits injectables sans avis médical.
Quand demander un avis médical ?
Parlez-en au médecin qui a fait l’injection si le changement vous gêne, si vous avez du mal à ouvrir la bouche, à manger, à boire ou à articuler, ou s’il ne s’améliore pas. Des photos datées, au repos et en souriant, l’aideront à juger de l’évolution. Une difficulté à avaler, une voix modifiée ou une gêne respiratoire sont des signes d’alerte : appelez le 15.
Si un côté du sourire se relève moins que l’autre, la fiche sourire asymétrique après une injection est plus adaptée. Si l’injection visait à moins montrer la gencive, voyez la fiche sourire gingival trop corrigé.
À retenir
- Un sourire changé vient du relâchement d’un muscle du sourire, des deux côtés1,2.
- Il peut suivre une injection des pattes d’oie, du coin de la bouche, du sourire gingival ou des masséters1,2,3,8.
- Il est temporaire et disparaît quand l’effet de la toxine s’estompe4,7.
- Une nouvelle injection rapprochée n’est pas une solution6.
Questions fréquentes
Une injection dans la mâchoire peut-elle changer le sourire ?
C’est décrit, mais peu fréquent. Dans une grande série de 383 personnes traitées au niveau des muscles masséters, à l’angle de la mâchoire, huit ont rapporté un sourire d’aspect peu naturel et quatre la disparition d’une fossette3. Ces effets s’expliquent par la proximité de muscles du sourire. Le traitement des masséters n’a pas d’indication esthétique en France5 ; parlez-en avec votre médecin si votre sourire a changé après une telle injection.
Sources
- 1.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 2.Fundarò S. et al., consensus italien et revue de la littérature sur le traitement des muscles du bas du visage par toxine botulique de type A, Toxins, 2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
- 3.Galadari H. et al., toxine botulique de type A dans le milieu et le bas du visage et le cou : revue systématique, Toxins, 2021 (revue soutenue par un fabricant) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Toxins (MDPI)
- 4.Cavallini M. et al., sécurité de la toxine botulique de type A en esthétique : revue systématique des études cliniques, Dermatologic Surgery, 2014 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
- 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 6.Notice américaine approuvée par la FDA d’une toxine botulique de type A à usage esthétique (prescribing information, révision 10/2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — AbbVie (fabricant), notice approuvée par la FDA
- 7.de Paiva A. et al., récupération de la jonction neuromusculaire après toxine botulique, PNAS, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
- 8.Rojo-Sanchis C. et al., toxine botulique de type A et sourire gingival : revue systématique et méta-analyse, Journal of Clinical Medicine, 2023 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Journal of Clinical Medicine (MDPI)