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Pattes d’oie trop figées Botox : pourquoi, combien de temps, que faire

Des pattes d’oie trop figées après une injection de toxine botulique traduisent un relâchement marqué du muscle qui entoure l’œil : le regard sourit moins, la paupière inférieure peut paraître plus lâche ou le sourire changer. L’effet est temporaire. Voici pourquoi il survient, combien de temps il dure et quand consulter.

Les pattes d’oie sont les petites rides en éventail qui apparaissent au coin des yeux quand on sourit. Après une injection, il arrive que le coin de l’œil ne bouge presque plus : le regard ne « sourit » plus, alors que la bouche sourit. Cette situation fait partie des problèmes autour des yeux après une injection de toxine botulique. Elle est gênante sur le plan esthétique, sans danger pour l’œil dans la plupart des cas, et temporaire. Cette fiche répond aux sept questions que l’on se pose le plus souvent.

Pourquoi les pattes d’oie deviennent-elles trop figées ?

Les pattes d’oie sont dues au muscle orbiculaire de l’œil, un muscle en anneau qui entoure l’œil et sert à fermer les paupières et à plisser le regard. Pour les atténuer, la toxine est injectée dans ce muscle, en dehors de l’orbite1,2. Quand le relâchement obtenu est plus fort que souhaité, le coin de l’œil ne se plisse plus du tout et l’expression du regard change.

Ce relâchement peut avoir d’autres conséquences, décrites dans une revue consacrée aux complications du haut du visage4 :

  • la paupière inférieure peut paraître plus lâche et les poches plus marquées, parce que le muscle retient moins les réserves de graisse ;
  • chez les personnes dont la paupière inférieure est déjà lâche, une injection trop proche du bord de la paupière peut la faire se décoller légèrement de l’œil (ectropion) ;
  • un relâchement important du muscle peut gêner la fermeture complète de l’œil et favoriser une sécheresse.

Enfin, le sourire lui-même peut changer. Les notices recommandent d’éviter d’injecter trop près du muscle grand zygomatique, qui relève le coin de la bouche1, et d’injecter en dehors de l’orbite, à distance du muscle qui relève la paupière2. La revue précise qu’il ne faut pas injecter trop bas : atteindre ce muscle peut modifier le tonus de la lèvre supérieure et créer une asymétrie4.

Combien de temps après l’injection apparaît-il ?

L’effet apparaît à mesure que la toxine agit. Après un traitement des pattes d’oie par une toxine de type A, l’amélioration des rides est observée dès les 6 premiers jours, et l’effet maximal vers le 30e jour1. Le regard peut donc paraître de plus en plus figé au cours des premières semaines.

Combien de temps dure-t-il ?

Le temps de l’effet du produit injecté. Pour les pattes d’oie, une toxine de type A a montré un effet sur les rides jusqu’à 5 mois dans les essais2. L’effet s’atténue progressivement : le coin de l’œil retrouve peu à peu sa mobilité. La page combien de temps dure la toxine botulique détaille les durées d’effet selon les produits.

La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est pas autorisée pour les pattes d’oie : elle ne l’est que pour la ride du lion3.

Est-ce réversible ?

Oui. Le blocage du muscle par la toxine botulique est temporaire : de nouvelles terminaisons nerveuses se forment, puis les terminaisons d’origine reprennent leur fonction5. Le muscle orbiculaire retrouve alors sa force et le regard son expression habituelle.

Existe-t-il un traitement ?

Il n’existe pas de produit qui annule l’effet de la toxine botulique : on attend que le muscle retrouve sa mobilité. Ce qui peut être traité, ce sont certaines conséquences. Si l’œil se ferme mal ou devient sec, des collyres et des gels lubrifiants sont recommandés4 ; la fiche consacrée à l’œil sec détaille ces mesures. Si la paupière inférieure se décolle de l’œil, un avis médical, voire ophtalmologique, est nécessaire.

Pour la séance suivante, le médecin pourra adapter la dose et les points d’injection : la revue citée insiste sur l’adaptation des points au schéma des rides de chacun, observé lors d’un sourire forcé, et sur les précautions à prendre quand la paupière inférieure est lâche4.

Que faut-il éviter ?

Ne demandez pas de nouvelle injection pour « retrouver » le sourire des yeux : la toxine relâche les muscles, elle ne peut pas leur rendre de la force. Ne rapprochez pas les séances : la notice d’une toxine de type A indique que les intervalles entre deux traitements ne devraient pas être inférieurs à 3 mois1. Ne frottez pas les yeux s’ils deviennent secs, et n’utilisez pas de collyre autre qu’un lubrifiant sans avis médical.

Quand demander un avis médical ?

Parlez-en au médecin qui a réalisé l’injection si le résultat vous gêne, pour qu’il en tienne compte la prochaine fois. Consultez plus rapidement si vous ne parvenez pas à fermer complètement l’œil, si l’œil devient rouge, douloureux ou très sec, si la paupière inférieure se décolle, ou si vous voyez trouble ou double : une diminution du clignement, rapportée avec des toxines botuliques, peut entraîner une sécheresse et des lésions de la cornée3.

Quand consulter rapidement

  • Œil rouge et douloureux, ou vision trouble ou double
  • Gêne pour avaler, parler ou respirer

Troubles respiratoires, de déglutition ou visuels : appelez le 15.

Les fiches voisines décrivent les autres effets possibles d’une injection au coin des yeux : l’œil sec, les paupières gonflées et le sourire asymétrique, quand la toxine atteint les muscles du sourire.

À retenir

  • Les pattes d’oie trop figées traduisent un relâchement marqué du muscle orbiculaire, qui entoure l’œil1,4.
  • L’effet est maximal vers le 30e jour et dure jusqu’à 5 mois pour une toxine de type A1,2.
  • Il peut s’accompagner de poches plus marquées, d’une sécheresse de l’œil ou d’un sourire modifié4.
  • Œil qui ne se ferme pas, rouge ou douloureux : consultez rapidement.

Questions fréquentes

  • Pourquoi mon sourire paraît-il différent après une injection au coin des yeux ?

    Pour deux raisons possibles. D’abord, le muscle autour de l’œil participe au sourire : très relâché, il ne plisse plus le coin des yeux et le sourire paraît moins naturel. Ensuite, si la toxine atteint le muscle grand zygomatique, qui relève le coin de la bouche, la lèvre peut tomber d’un côté1. Une revue précise qu’il ne faut pas injecter trop bas pour l’éviter4. Dans les deux cas, l’effet est temporaire.

  • La toxine courte durée est-elle autorisée pour les pattes d’oie ?

    Non. La toxine botulique de courte durée, la plus récente, n’est autorisée en Europe que pour les rides situées entre les sourcils, la ride du lion3. Pour les pattes d’oie, seules certaines toxines de type A ont une indication esthétique en France1,2. Une injection des pattes d’oie avec la toxine courte durée serait une utilisation hors autorisation de mise sur le marché.

Sources

  1. 1.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  2. 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
  3. 3.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
  4. 4.Borba A. et al., éviter les complications de la toxine botulique dans le haut du visage : guide pratique, Aesthetic Plastic Surgery, 2022 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Aesthetic Plastic Surgery
  5. 5.de Paiva A. et al., récupération de la jonction neuromusculaire après toxine botulique, PNAS, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)
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