Botox ride du lion : pourquoi, comment et pour qui ?
La ride du lion, entre les sourcils, est la zone pour laquelle toutes les toxines botuliques autorisées en esthétique ont une indication. C’est aussi la seule pour laquelle les deux familles de toxines, de longue durée et de courte durée, sont autorisées en France. Voici ce que disent les notices officielles, et ce qu’il faut voir avec votre médecin.
La ride du lion fait partie des onze zones présentées dans notre atlas « pourquoi et comment » de la toxine botulique. Cette fiche explique pourquoi on la traite, avec quelles toxines, en combien de temps et avec quels risques. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin.
Pourquoi traite-t-on la ride du lion ?
La ride du lion désigne les plis verticaux qui se creusent entre les sourcils quand on fronce. On parle aussi de rides intersourcilières ou glabellaires (la glabelle est l’espace lisse entre les deux sourcils). Ces plis sont formés par la contraction répétée de deux groupes de muscles : les corrugateurs, de chaque côté, qui rapprochent les sourcils, et le procérus, au centre, qui les tire vers le bas. Les notices décrivent d’ailleurs l’injection dans ces muscles : deux points dans chaque corrugateur et un point dans le procérus1.
La toxine botulique relâche temporairement ces muscles. Le froncement est moins marqué et la ride se creuse moins. L’effet n’est pas définitif : il s’estompe à mesure que les terminaisons nerveuses redeviennent fonctionnelles1.
Les rides horizontales du front et la position des sourcils dépendent d’autres muscles. Elles font l’objet de fiches distinctes, sur le traitement des rides du front et sur le relèvement des sourcils.
Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?
Les notices encadrent précisément l’indication. Il s’agit d’améliorer temporairement des rides intersourcilières modérées à sévères au froncement maximal, lorsqu’elles ont un retentissement psychologique important, chez l’adulte1,2. Ce n’est donc pas un geste systématique : la gêne ressentie fait partie de l’indication, et c’est à votre médecin de l’apprécier avec vous.
Certaines situations conduisent à ne pas traiter. Les notices contre-indiquent l’injection en cas d’allergie à la toxine ou à un composant du produit, de maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), ou d’infection au point d’injection1,2. La grossesse et l’allaitement font partie des situations où le traitement n’est pas recommandé1,2. L’injection n’est pas recommandée en cas d’antécédents de troubles de la déglutition1,2.
Quelle toxine pour la ride du lion ?
| Toxine | Statut en France |
|---|---|
| Toxine botulique de longue durée (type A) | Autorisée en esthétique pour cette zone (RCP en vigueur en France) |
| Toxine botulique de courte durée (sérotype E) | Autorisée en esthétique pour cette zone (RCP en vigueur en France) |
La ride du lion est la seule zone pour laquelle les deux familles de toxines sont autorisées en esthétique en France1,2,3. Toutes les toxines de type A autorisées en esthétique ont cette indication2,4,5,7,8. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) est autorisée dans l’Union européenne depuis le 15 juillet 2026, pour cette seule indication1,6. Au 29 septembre 2026, date de la dernière mise à jour consultée, elle n’avait pas encore de fiche dans la base publique française des médicaments3.
Les deux familles n’ont pas le même profil : l’une agit plus vite et moins longtemps, l’autre plus lentement et plus durablement. Aucune n’est meilleure que l’autre, et aucun essai ne les compare directement. Pour comprendre ce qui distingue la nouvelle toxine botulique, sans hiérarchie entre les deux, consultez la page qui lui est consacrée. La toxine de longue durée reste notamment le choix habituel quand on cherche un effet qui dure plusieurs mois ou un traitement d’entretien.
Est-ce indiqué pour moi ?
Aucune page ne peut répondre à cette question à votre place. Les éléments que votre médecin évaluera sont connus : la profondeur de la ride au froncement, la gêne qu’elle vous cause, vos antécédents médicaux, vos traitements en cours, un éventuel projet de grossesse, et vos attentes sur la durée de l’effet.
L’âge compte aussi, sans règle simple. Plusieurs toxines de type A ne sont pas indiquées après 65 ans4,8, une l’est jusqu’à 75 ans5. Pour la toxine courte durée, seuls 7 % des patients des essais avaient 65 ans ou plus, et leur taux de réponse au 7e jour était plus faible1.
Quelques questions utiles à poser au médecin : quelle toxine me proposez-vous, et pourquoi ? Combien de temps l’effet devrait-il durer dans mon cas ? Quels effets indésirables surveiller, et qui contacter s’ils surviennent ? Quand pourrai-je envisager une nouvelle séance ?
Délais et durée
Avec une toxine de type A, les premiers effets apparaissent en général en 2 à 3 jours, jusqu’à une semaine ; l’effet maximal est atteint entre la 2e et la 4e semaine ; il dure en général 3 à 4 mois2,4,5, jusqu’à 6 mois selon le produit7. Les séances sont espacées d’au moins 3 mois4.
Avec la toxine courte durée, les premiers effets se manifestent dès 8 heures, l’effet maximal est observé vers le 7e jour et il dure en général 2 à 3 semaines1. Sa notice prévoit un usage occasionnel. Une nouvelle injection moins de 6 semaines après la précédente n’a pas été évaluée, pas plus qu’une toxine de type A injectée moins de 30 jours après elle1.
Pour le détail de ces délais, voyez combien de temps la toxine botulique met à agir.
Quels risques sur cette zone ?
Les notices décrivent, pour cette zone, une chute de la paupière supérieure (ptôse palpébrale), une chute du sourcil, ou au contraire un sourcil relevé en accent circonflexe, appelé « effet Méphisto »1,2. Des maux de tête, un gonflement des paupières et des réactions au point d’injection (rougeur, petit bleu) sont aussi décrits2. Pour limiter le risque de ptôse, la notice demande notamment d’éviter d’injecter près du muscle qui relève la paupière1 : c’est la raison pour laquelle la zone des paupières est abordée avec prudence. Ces effets sont temporaires. Les fréquences publiées viennent d’essais différents et ne permettent pas de comparer les produits entre eux.
Les notices rappellent enfin que l’effet de la toxine peut, rarement, diffuser à distance : une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement1,2.
Si un effet inattendu survient, la page que faire après une injection de la ride du lion explique comment le reconnaître et quand consulter.
À retenir
- La ride du lion est formée par les muscles corrugateurs et procérus, que la toxine relâche temporairement1.
- C’est la seule zone autorisée en France pour les deux familles de toxines1,3.
- Toxine de longue durée (type A) : effet maximal entre la 2e et la 4e semaine, 3 à 4 mois en général ; toxine courte durée (sérotype E) : vers le 7e jour, 2 à 3 semaines1,2.
- Le choix de traiter, et de la toxine, se fait en consultation.
Questions fréquentes
La ride du lion peut-elle être traitée avec la nouvelle toxine botulique ?
Oui. C’est même la seule indication autorisée de la toxine courte durée, dans l’Union européenne depuis le 15 juillet 2026, pour les rides modérées à sévères de l’adulte quand elles ont un retentissement psychologique important1,6. Les toxines de type A autorisées en esthétique ont toutes cette indication2,4,5,7,8. Le choix entre les deux familles se fait en consultation, selon ce que vous attendez du traitement.
Combien de temps dure l’effet sur la ride du lion ?
Cela dépend de la toxine. Avec une toxine de type A, l’effet dure en général 3 à 4 mois2,4, jusqu’à 6 mois selon le produit7. Avec la toxine courte durée, il dure en général 2 à 3 semaines1. Dans les deux cas, l’effet est temporaire : le muscle retrouve progressivement son activité et la ride se creuse de nouveau au froncement.
Peut-on traiter la ride du lion après 65 ans ?
Il n’y a pas de règle unique. Plusieurs toxines de type A ne sont pas indiquées après 65 ans4,8, une l’est jusqu’à 75 ans5, et les données sur la toxine courte durée sont limitées dans cette tranche d’âge, avec des taux de réponse plus faibles1. C’est au médecin d’évaluer la situation en consultation, en tenant compte de vos antécédents.
Que faire si la paupière tombe après une injection entre les sourcils ?
Une chute de la paupière supérieure fait partie des effets indésirables décrits pour cette zone dans les notices1,2. Elle est temporaire. Il faut en parler au médecin qui a fait l’injection, et consulter rapidement en cas de trouble de la vue, de gêne pour avaler ou pour respirer. La page consacrée aux suites d’une injection de la ride du lion détaille les signes à surveiller.
Sources
- 1.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 3.Base de données publique des médicaments : fichier des spécialités (CIS), mis à jour le 29/09/2026 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments (ministère de la Santé)
- 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 69878363) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 6.Rapport européen public d’évaluation (EPAR) de la toxine botulique de sérotype E (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 7.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 69497348) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 8.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments