Botox sourcils : relever le sourcil, ce que l’on sait vraiment
Relever légèrement la queue du sourcil avec une toxine botulique est une pratique décrite dans la littérature médicale, mais elle ne figure dans aucune notice française : c’est un usage hors autorisation. L’effet mesuré est faible, de l’ordre du millimètre. Voici comment cela fonctionne, ce qu’on en sait, et ce qu’il faut demander à votre médecin.
Les sourcils sont l’une des onze zones de notre atlas de la toxine botulique par zone du visage. Cette fiche porte sur le relèvement du sourcil : comment il fonctionne, ce que montrent les études, pourquoi il s’agit d’un usage hors autorisation en France, et quels sont ses risques. Elle ne remplace pas une consultation.
Pourquoi traite-t-on cette zone ?
La position du sourcil résulte d’un équilibre entre des muscles qui le tirent vers le haut et des muscles qui le tirent vers le bas. Le muscle frontal le relève. D’autres muscles l’abaissent : ceux de la région entre les sourcils, qui servent à froncer (voir la fiche sur la ride du lion et ses muscles), et la partie externe du muscle orbiculaire, l’anneau musculaire qui entoure l’œil.
Le relèvement du sourcil par toxine botulique repose sur ce principe : en relâchant certains muscles abaisseurs, on laisse le muscle frontal agir un peu plus, et le sourcil peut remonter légèrement. Dans l’étude la plus souvent citée, la toxine a été injectée dans la région entre les sourcils et au-dessus de la partie externe du sourcil1.
C’est un point souvent mal compris : on ne relève pas le sourcil en traitant le front. Au contraire, relâcher le muscle frontal peut faire baisser le sourcil, un effet décrit dans les notices2. Le traitement des rides horizontales relève d’une autre fiche, sur les injections pour les rides du front.
Ce que la toxine ne fait pas : elle ne remplace pas une chirurgie du sourcil ou des paupières, et elle ne corrige pas un excès de peau.
Dans quels cas la toxine est-elle utilisée ?
Aucune notice française ne définit d’indication pour cette zone : il n’y a donc pas de critères officiels. La principale étude publiée sur ce sujet, sans groupe témoin, montre un effet modeste : chez sept femmes de 31 à 42 ans, cinq ont eu un relèvement de 1 à 3 mm (1 mm en moyenne), deux aucun changement, et toutes ont eu un froncement moins marqué1. C’est un niveau de preuve faible, sur très peu de personnes.
Les contre-indications des notices s’appliquent quelle que soit la zone : allergie à la toxine ou à un composant du produit, maladie générale des muscles et de la jonction entre nerf et muscle (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), infection au point d’injection2,3. Le traitement n’est pas recommandé pendant la grossesse ni l’allaitement2,3.
Quelle toxine pour les sourcils ?
| Toxine | Statut en France |
|---|---|
| Toxine botulique de longue durée (type A) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
| Toxine botulique de courte durée (sérotype E) | Pas d’indication esthétique pour cette zone dans les RCP en vigueur en France : pratique hors autorisation de mise sur le marché, à discuter avec votre médecin |
Les toxines de type A autorisées en esthétique en France visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front2,4,5. Aucune ne prévoit le relèvement du sourcil. La toxine botulique de courte durée (sérotype E) n’est autorisée que pour la ride du lion3. Pour cette zone, toute injection est donc hors autorisation de mise sur le marché, quelle que soit la toxine.
Est-ce indiqué pour moi ?
Votre médecin examinera la position et la symétrie de vos sourcils, l’aspect de vos paupières supérieures, la façon dont votre front et votre glabelle bougent. Un sourcil bas lié à un excès de peau ou à un relâchement des tissus ne relève pas de la même approche qu’un sourcil tiré vers le bas par des muscles très actifs.
Il faut aussi garder des attentes réalistes : l’effet mesuré est de l’ordre du millimètre, et il n’est pas obtenu chez tout le monde1.
Questions à poser au médecin : cet usage est-il hors autorisation, et pourquoi me le proposez-vous ? Quel résultat est raisonnable dans mon cas ? Quelles alternatives existent ? Que se passe-t-il si un sourcil monte plus que l’autre ?
Délais et durée
Aucune notice ne donne de délai ou de durée pour cette zone. Dans l’étude de référence, le résultat a été mesuré un mois après l’injection1. Pour la ride du lion et le front, les notices de toxines de type A décrivent une amélioration en quelques jours et un effet démontré pendant environ 4 mois2,4.
Le fonctionnement général de ces délais est expliqué sur la page combien de temps met la toxine botulique à agir.
Quels risques sur cette zone ?
Les effets les plus souvent décrits autour du sourcil sont la chute du sourcil, l’effet Méphisto (queue du sourcil relevée en accent circonflexe) et la chute de la paupière supérieure2,3. Ils sont temporaires. La paupière est une zone sensible, présentée dans la fiche sur les injections près des paupières. Des petits bleus et des maux de tête sont aussi possibles2.
Une gêne pour avaler, pour parler ou pour respirer impose de consulter immédiatement2,3. Un trouble de la vue doit aussi faire consulter rapidement. Si le résultat vous inquiète, la page sourcils après une injection : que faire ? décrit les situations les plus fréquentes, comme le sourcil trop relevé ou tombant.
À retenir
- Le sourcil remonte quand on relâche certains muscles qui l’abaissent, pas quand on traite le front1,2.
- L’effet mesuré est faible : 1 mm en moyenne, sur sept personnes1.
- Aucune notice française ne prévoit cet usage : il est hors autorisation, pour toutes les toxines2,3.
- Risques principaux : sourcil tombant ou trop relevé, paupière tombante, temporaires2,3.
Questions fréquentes
La toxine botulique peut-elle relever les sourcils ?
Légèrement, chez une partie des personnes. Dans une petite étude de 1999 portant sur sept femmes, le traitement des muscles qui abaissent le sourcil a relevé celui-ci de 1 à 3 mm chez cinq d’entre elles, avec une moyenne de 1 mm ; deux n’ont eu aucun changement1. C’est un effet modeste, mesuré sur très peu de personnes, et cet usage ne figure dans aucune notice française.
Le relèvement du sourcil par toxine botulique est-il autorisé en France ?
Non. Les notices des toxines de type A autorisées en esthétique visent la ride du lion et, selon le produit, les pattes d’oie et les rides du front2,4,5 ; la toxine courte durée ne vise que la ride du lion3. Relever le sourcil est donc un usage hors autorisation de mise sur le marché, que le médecin doit présenter comme tel.
Pourquoi le sourcil peut-il tomber au lieu de monter ?
Parce que le muscle du front est le muscle qui relève le sourcil. S’il est relâché, le sourcil peut descendre : la notice d’une toxine de type A décrit la chute du sourcil comme un effet fréquent du traitement du front2. C’est pour cela que le relèvement vise d’autres muscles, ceux qui tirent le sourcil vers le bas1, et que la position des sourcils est examinée avant toute injection.
Sources
- 1.Huilgol S.C. et al., relèvement du sourcil par toxine botulique, Dermatologic Surgery, 1999 (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Dermatologic Surgery
- 2.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 68150775) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 3.Résumé des caractéristiques du produit de la toxine botulique de sérotype E autorisée dans l’Union européenne (annexe I de l’EPAR, version française) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Commission européenne (registre de l'Union des médicaments)
- 4.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 61592762) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments
- 5.RCP d’une toxine botulique de type A autorisée en esthétique en France (BDPM, CIS 66865211) (s’ouvre dans un nouvel onglet) — Base de données publique des médicaments